RDC : ce que la nouvelle cartographie du sous-sol va changer dans le secteur minier

RDC : ce que la nouvelle cartographie du sous-sol va changer dans le secteur minier

La République démocratique du Congo veut avoir une idée plus précise de ce que contient son sous-sol. Une campagne de cartographie géophysique aéroportée a été lancée cette semaine pour rechercher les zones qui présentent un potentiel minier. Les travaux vont s’étendre sur 3 ans et concerner 9 provinces.

Par Charles Muhindo

Selon les autorités congolaises, des avions seront utilisés pour effectuer des relevés géophysiques à haute résolution. Sept appareils sont prévus pour cette opération, menée avec l’appui technique de la société espagnole Xcalibur. Les anciennes provinces du Katanga, dans le sud-est du pays, font partie des zones concernées par le programme. Cette région est déjà connue pour ses importantes ressources en cuivre et en cobalt.

Mais, selon Kinshasa, l’objectif est également de rechercher des ressources encore inconnues. La couverture géoscientifique du territoire devrait ainsi passer de 22,27 % à 46,1 % grâce à cette campagne, selon les données présentées lors du lancement. Le gouvernement espère ainsi disposer de cartes plus précises permettant d’identifier les zones susceptibles d’intéresser les sociétés minières et les investisseurs.

La RDC reste le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième producteur de cuivre. Ces minerais sont très recherchés pour la fabrication des batteries, des véhicules électriques et de nombreux autres équipements. Une grande partie de ces filières est cependant contrôlée par des entreprises chinoises, très présentes depuis plusieurs années dans le secteur minier congolais.

À travers ce programme, Kinshasa cherche également à attirer davantage d’entreprises américaines. Les États-Unis veulent sécuriser leur accès aux minerais nécessaires à leur industrie et ont signé avec la RDC, en décembre 2025, un accord de partenariat stratégique portant notamment sur les minerais stratégiques. Jusqu’ici, les investisseurs américains restent toutefois peu nombreux dans le secteur minier congolais, à l’image de KoBold Metals et Virtus Minerals, qui disposent déjà d’actifs dans le pays.

Avec cette cartographie, le gouvernement veut donc fournir aux investisseurs des informations plus précises sur les ressources disponibles dans le sous-sol congolais. Le ministère des Mines estime également qu’une meilleure connaissance du territoire permettra à l’État de mieux défendre ses intérêts dans les discussions avec les entreprises minières.

La RDC veut enfin attirer des investissements qui ne se limitent pas à l’exploitation des minerais, mais qui favorisent également leur transformation sur le territoire national. Une meilleure connaissance du potentiel géologique pourrait ainsi servir de base à de nouvelles opérations d’exploration et faciliter l’arrivée de nouveaux investisseurs.

Le programme est toutefois lancé dans un secteur marqué par des problèmes de gouvernance et des affaires de corruption. Pour Kinshasa, la connaissance du sous-sol constitue donc une première étape avant de nouvelles opérations d’exploration et l’arrivée éventuelle de nouveaux investisseurs.

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