RDC : Du Nord-Kivu à l’Ituri, les ADF toujours actifs 12 ans après le début des massacres dans l’Est

RDC : Du Nord-Kivu à l’Ituri, les ADF toujours actifs 12 ans après le début des massacres dans l’Est

Douze ans après les premières tueries enregistrées le 2 octobre 2014 dans la région de Beni, les ADF restent actifs dans l’est de la République démocratique du Congo. Le groupe avait commencé ses attaques dans plusieurs villages proches d’Oicha, notamment à Mukoko et Kokola. Depuis, les populations civiles continuent de payer le plus lourd tribut : morts, enlèvements, maisons incendiées, biens pillés et déplacements forcés sont devenus récurrents dans la région. Les attaques, initialement concentrées autour de Beni, se sont progressivement étendues à d’autres territoires.

Par Charles Muhindo

Les autorités militaires congolaises ont, depuis cette période, multiplié les offensives contre les ADF. Dès 2014, sous le commandement du général Lucien Bauma Ambamba, l’armée avait repris plusieurs positions du groupe, dont son important bastion de Madina. Les opérations Sokola ont ensuite été lancées et poursuivies avec plusieurs commandants à la tête des troupes engagées contre les ADF. Plusieurs responsables et combattants du groupe ont été tués ou arrêtés au cours de ces opérations, sans toutefois que son organisation ne soit démantelée.

En 2019, après son arrivée à la présidence, Félix Tshisekedi a lancé de nouvelles offensives de grande envergure dans le Nord-Kivu. Les FARDC avaient alors annoncé la reprise de plusieurs positions des ADF et la neutralisation de nombreux combattants. Après ces opérations, les combattants du groupe se sont toutefois dispersés et ont notamment été signalés en Ituri, où les territoires d’Irumu et de Mambasa ont régulièrement été ciblés par leurs attaques.

La coopération militaire entre la RDC et l’Ouganda est ensuite venue renforcer la traque des ADF. Le 30 novembre 2021, les FARDC et l’armée ougandaise ont lancé des opérations conjointes contre le groupe. Les bombardements et les opérations terrestres ont permis de frapper plusieurs bases des ADF et de reprendre certaines positions. Ces opérations n’ont cependant pas empêché le groupe de poursuivre ses attaques. Ses combattants ont quitté certaines zones pour s’installer dans d’autres, compliquant davantage les opérations des forces engagées sur le terrain.

Après plusieurs attaques concentrées autour de Beni et en Ituri, les ADF ont notamment ouvert un nouveau front dans le territoire de Lubero. Des villages y ont été attaqués, avec des habitants tués ou enlevés. Des maisons ont également été incendiées et des populations contraintes de fuir leurs milieux. Le groupe ne se limite donc plus à son ancien espace d’action dans le territoire de Beni. Ses attaques touchent désormais plusieurs zones du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Les ADF ont par ailleurs renforcé leur allégeance à l’État islamique, dont ils constituent la branche en Afrique centrale. Cette affiliation a accompagné l’évolution du groupe, notamment dans sa capacité à recruter, à se déplacer et à poursuivre ses attaques malgré les opérations militaires.

Le 2 octobre 2026, douze ans après le début des massacres dans la région de Beni, les ADF restent donc actifs dans l’est de la RDC. De Beni à l’Ituri, jusqu’au territoire de Lubero, les populations civiles continuent de vivre sous la menace de nouvelles attaques.

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