RDC : « Ils m’ont attribué des ambitions présidentielles que je n’ai pas exprimées jusqu’ici » (Constant Mutamba)

RDC : « Ils m’ont attribué des ambitions présidentielles que je n’ai pas exprimées jusqu’ici » (Constant Mutamba)

Après sa condamnation à 10 ans de travaux forcés, Constant Mutamba est sorti de son silence. Dans une lettre manuscrite de quatre pages datée du dimanche 20 septembre 2026, l’ancien ministre de la Justice a accusé l’entourage du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, d’utiliser la justice pour lui nuire.

Par Patient MBY

Dans cette correspondance, Constant Mutamba revient notamment sur son passage au gouvernement, affirmant avoir servi avec satisfaction l’État et le président de la République. Il dénonce également des stratagèmes de l’entourage du chef de l’État visant, selon lui, à lui attribuer des ambitions présidentielles afin de l’écarter.

« J’ai servi le chef de l’État et notre pays, la RDC, avec loyauté et patriotisme, j’ai la grande satisfaction de tous. Malheureusement, ses collaborateurs ont choisi de me rendre le mal pour le bien, m’attribuant les ambitions présidentielles que je n’ai pas exprimées jusqu’ici », a-t-il déclaré.

Après sa condamnation, vendredi 18 septembre, à 10 ans de travaux forcés par la Cour de cassation pour détournement, l’ex-Garde des Sceaux dénonce l’instrumentalisation des institutions judiciaires pour le salir avec des dossiers de détournement « sans preuve matérielle ».

« Ils utilisent la justice, les institutions et les moyens de l’État pour me salir et ternir mon image dans l’opinion, à travers des dossiers judiciaires montés sans preuve matérielle de détournement de fonds publics », a-t-il ajouté.

Connu pour son franc-parler et ses décisions fermes contre la corruption, le détournement et le banditisme urbain, Constant Mutamba a connu un passage éclair à la tête du ministère de la Justice du gouvernement Suminwa 1. Éclaboussé dans une affaire de détournement de 19,9 millions, destinés à la construction d’une prison à Kisangani, dans la province de la Tshopo, Mutamba, alors ministre de la Justice, a été poussé à la démission de ses fonctions.

La levée de son immunité parlementaire à l’Assemblée nationale a donné lieu à son jugement et à sa condamnation par la Cour de cassation en septembre 2025. Après avoir purgé une année de sa peine, l’ancien ministre a été à nouveau cité dans un dossier de détournement de 20 millions USD de FRIVAO, aux côtés de l’ex-DG a.i. de cet établissement étatique, Chançard Bolukola.

Le 18 septembre 2026, la Cour de cassation a prononcé son verdict. Constant Mutamba écope de 10 ans de travaux forcés, tandis que son coaccusé est condamné à 7 ans de la même peine. L’ancien Garde des Sceaux, lui, détecte une main noire de l’entourage du chef de l’État.

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