L’AFC/M23 serait traversé par une crise interne. Selon des informations publiées par Africa Intelligence, un projet visant à écarter Sultani Makenga de son poste de commandant militaire aurait été découvert à Goma. Les tensions opposeraient principalement deux camps : les responsables militaires proches de Makenga et la branche politique conduite par Corneille Nangaa.
Par Muhindo
Sultani Makenga dirige depuis plusieurs années la branche militaire du M23. Son influence dépasserait toutefois le seul domaine militaire. Selon Africa Intelligence, certains responsables du mouvement lui reprocheraient de prendre une place importante dans les décisions politiques. C’est dans ce contexte qu’un projet de réorganisation de la direction politico-militaire aurait été préparé.
Un nom est particulièrement cité : Théo Binamungu. Conseiller de la branche civile, il a été arrêté fin août à Goma. Il aurait ensuite été interrogé par les services de renseignement de la branche militaire avant d’être transféré à la prison centrale de Munzenze, le 8 septembre.
L’analyse des téléphones et ordinateurs saisis lors de cette opération aurait permis de découvrir un nouvel organigramme en préparation. Selon les mêmes informations, cette nouvelle organisation devait déboucher sur la mise en place d’une direction politico-militaire dans laquelle Sultani Makenga ne figurait plus.
Le projet aurait ainsi directement visé l’actuel commandement militaire du mouvement.
Ces tensions interviennent alors que des divergences entre les branches politique et militaire du M23 ont déjà été évoquées dans plusieurs rapports d’experts des Nations unies sur la RDC. Des médias ont également rapporté ces derniers mois que Corneille Nangaa défendrait une stratégie visant à renverser le pouvoir à Kinshasa. L’ancien président de la CENI a, à plusieurs reprises, affirmé que son mouvement n’entendait pas se limiter aux territoires contrôlés dans l’est de la RDC.
Sur le plan militaire, la priorité serait davantage centrée sur la consolidation des territoires contrôlés dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Cette différence d’approche entre la direction politique et le commandement militaire aurait déjà été relevée dans les analyses onusiennes consacrées au conflit.
L’arrestation de Théo Binamungu et la découverte présumée d’un nouvel organigramme excluant Sultani Makenga pourraient ainsi révéler de nouvelles tensions au sein de l’AFC/M23.













