Par Emmanuel Medina
La trajectoire des matières premières stratégiques de la République démocratique du Congo (RDC) affiche des évolutions divergentes pour la semaine du 10 au 15 août 2026. Selon les plus récentes mercuriales officielles des prix à l’exportation, les marchés mondiaux témoignent d’une dynamique globalement favorable au métal rouge et aux minerais industriels. À l’inverse, le secteur des batteries enregistre des réajustements plus mitigés.
En tête des performances haussières, le cuivre poursuit une avancée remarquable. En l’espace d’une seule semaine, le métal rouge a gagné près de 300 dollars. La tonne métrique est ainsi passée de 13 689,20 dollars à 13 986,45 dollars, rapprochant à grands pas le minerai de la barre psychologique des 14 000 dollars.
Cette embellie contraste avec la trajectoire du cobalt, autre pilier de l’économie extractive congolaise. Le métal bleu accuse un repli marginal de 8 dollars pour s’établir à 55 614 dollars la tonne, contre 55 622 dollars la semaine précédente, illustrant une quasi-stabilité de ses cours mondiaux.
Cette fluctuation des marchés internationaux intervient dans un contexte de mutation réglementaire majeure au niveau national. Le gouvernement congolais a formalisé l’interdiction stricte d’exporter des concentrés de cuivre et de cobalt bruts. Cette mesure stricte fait suite à l’application d’un arrêté interministériel signé le 29 juin 2026 par les ministères des Mines, du Commerce extérieur et de l’Économie nationale.
La mise en œuvre de cette décision ministérielle traduit la volonté ferme de Kinshasa d’imposer l’industrialisation locale. L’exécutif souhaite maximiser la valeur ajoutée captée sur le sol national avant toute expédition à l’étranger. L’impact réel de cette réforme structurelle demeurera toutefois conditionné à la gestion des clauses d’exemption temporaires. L’arrêté prévoit en effet un mécanisme de dérogations ciblées pour les entreprises en mesure de justifier de contraintes techniques ou économiques transitoires.
Outre le cuivre, plusieurs autres ressources d’exportation affichent une santé financière robuste sur la même période l’étain hausse des cours pour atteindre 54 957,50 dollars la tonne, le zinc assiste à une progression consolidée à 3 717,45 dollars la tonne, le germanium se distingue particulièrement avec une poussée notable à 11 753,88 dollars le kilogramme, le concentré de niobium enregistre des gains modérés à 6 044,05 dollars la tonne, l’hydroxyde de lithium se négocie désormais à 20 065,63 dollars la tonne et enfin l’or le métal précieux s’apprécie modérément pour s’établir à 132,39 dollars le gramme.
À l’opposé de cette tendance générale positive, le segment des intrants métalliques pour technologies de pointe subit une pression baissière. Le nickel a perdu du terrain pour tomber à 15 055,74 dollars la tonne. Il est rejoint dans son repli sectoriel par le concentré, le sulfate et le carbonate de lithium.
Dans ce paysage mouvant, seul le tantale est parvenu à maintenir une parfaite neutralité durant cette période de cotation. Son cours reste ancré au prix fixe de 750 dollars le kilogramme.













