Par Emmanuel Medina
Dans un contexte sécuritaire particulièrement exigeant, la République Démocratique du Congo franchit une étape décisive dans le contrôle des flux d’armements sur son territoire. Le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières a officiellement donné le coup d’envoi, ce lundi 15 juin à Kinshasa, de la campagne nationale de marquage des armes. S’inscrivant dans le cadre du projet global « Désarmer les conflits en RDC », cette initiative marque la volonté de l’exécutif de reprendre le contrôle absolu des armes en circulation.
Représentant le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani Lukoo, son Directeur de cabinet adjoint, Élie Nkumbi wa Nkumbi, a présidé cette cérémonie stratégique. L’événement a rassemblé un parterre d’experts nationaux ainsi que des partenaires techniques et financiers de premier plan, à l’instar du représentant de l’Office des nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
L’objectif principal de cette opération est de neutraliser l’approvisionnement des circuits clandestins. En imposant une identité unique à chaque arme, les autorités visent à renforcer la traçabilité, à sécuriser les stocks étatiques et prévenir tout détournement vers les réseaux criminels ou les groupes armés qui déstabilisent le pays.
Selon Landry Tshilombo, Secrétaire Permanent de la Commission Nationale de Contrôle des Armes Légères et Petits Calibres (CNC-ALPC), cette campagne s’adresse de manière inclusive à l’ensemble des services publics ainsi qu’aux civils détenteurs d’armes à feu. Elle constitue une réponse directe à la recrudescence de la criminalité urbaine, notamment les braquages, les extorsions et les enlèvements.
Face aux inquiétudes potentielles, le cabinet du vice-premier ministre s’est voulu rassurant. Élie Nkumbi wa Nkumbi a fermement précisé qu’il ne s’agit nullement d’une mesure de stigmatisation, mais bien d’un dispositif technique de sécurité publique visant à garantir la transparence et la protection de tous les citoyens.
La cérémonie s’est achevée par une démonstration technique par les experts de la CNC-ALPC, illustrant le fonctionnement des machines de marquage et le processus d’enregistrement. En élevant la lutte contre la prolifération des armes légères au rang de priorité nationale, le gouvernement congolais pose les jalons d’une stabilisation durable du territoire par des actions concrètes et vérifiables.
Il sied de noter que, face à l’urgence sur le terrain, le chronogramme des opérations dans les provinces hors-capitale sera examiné de près. L’efficacité réelle de ce projet dépendra de la rigueur du suivi technique et de la coopération transfrontalière pour bloquer définitivement les routes du trafic illicite.













