Par Emmanuel Medina
Le gouvernement de la République démocratique du Congo entend renforcer la mobilisation des recettes publiques dans le cadre de la préparation du budget 2027. Sous l’impulsion du vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, les conférences budgétaires en cours doivent permettre de fixer les priorités financières de l’État et d’améliorer la mobilisation des ressources nationales.
Les arbitrages budgétaires menés mardi 18 août au Centre financier de Kinshasa ont notamment porté sur les perspectives de recettes pour les prochaines années. Pour 2027, l’exécutif vise un niveau plancher de 18 milliards de dollars de recettes propres, avec une projection à plus long terme jusqu’en 2035.
À cet horizon, le gouvernement ambitionne de porter les recettes propres à plus de 40 milliards de dollars. Cette trajectoire devrait s’accompagner d’une hausse de la pression fiscale, dont le taux de prélèvement obligatoire par rapport au produit intérieur brut (PIB) passerait de 12,5 % en 2026 à 14 % en 2027, avant de dépasser 17 % à l’horizon 2035.
Pour atteindre ces objectifs, trois axes de réforme sont mis en avant : l’amélioration de la fiabilité des prévisions budgétaires, la sécurisation des recettes issues du secteur minier et la numérisation de la collecte.
Les administrations publiques sont ainsi appelées à fonder leurs prévisions sur des données économiques vérifiables et à mieux justifier leurs projections lors des séances d’arbitrage. Dans le secteur extractif, l’accent est mis sur un suivi plus rigoureux des recettes et sur une meilleure captation des plus-values générées par l’activité minière.
Le gouvernement entend également accélérer la numérisation des procédures fiscales, notamment à travers l’interconnexion des services et l’automatisation de la collecte. Cette approche vise à réduire les risques de fraude et à améliorer la traçabilité des recettes publiques.
Les discussions en cours doivent par ailleurs permettre de finaliser la répartition des crédits entre les différents secteurs, avec l’objectif de rationaliser les dépenses de fonctionnement et de donner davantage de place aux investissements publics.
L’avant-projet de loi de finances pour l’exercice 2027 sera élaboré sous la forme d’un budget-programme. Une fois finalisé, le texte doit être présenté au Conseil des ministres avant son dépôt au Parlement, conformément au calendrier budgétaire, pour examen et vote lors de la session de septembre.













