Par Emmanuel Medina
Invité du Journal Afrique de TV5MONDE, le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya Katembwe, a examiné les grands chantiers de la République démocratique du Congo. Entre appels à des sanctions fermes contre le Rwanda, balisage du dialogue national et gestion rigoureuse des fonds alloués à la crise sanitaire, Kinshasa réaffirme sa souveraineté.
Pour la diplomatie congolaise, l’engagement pris dans le cadre des processus de paix de Washington et de Doha répond à une urgence absolue, celle de libérer les populations de l’est de la RDC de la gouvernance par les crimes et soulager la détresse humanitaire.
Cependant, le porte-parole du gouvernement a rappelé que la paix durable exige de la fermeté de la part de la communauté internationale. Afin de préserver la crédibilité et le prestige d’institutions clés comme l’ONU, Kinshasa exige des sanctions plus robustes visant à contraindre le président rwandais Paul Kagame, ses forces armées et ses alliés à quitter définitivement le territoire de la RDC.
Balayant d’un revers de main les rumeurs de boycott de la part de l’opposition et affirmant qu’il n’y a aucune raison d’aller dans la rue, le ministre muyaya a confirmé le lancement des grandes manœuvres préparatoires du Dialogue national.
Le processus se veut inclusif et participatif, structuré de la base au sommet. Les premiers contacts officiels ont débuté sur le terrain, à l’instar de la mission diligentée par le chef de l’État auprès des autorités religieuses :Le Directeur de cabinet du Président de la République, Anthony Nkinzo Kamole, s’est entretenu avec Monseigneur Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi et président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) afin de recueillir les avis de l’Église catholique pour baliser la voie à ce grand rendez-vous de cohésion nationale.
Abordant le volet sanitaire lié à la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola, le ministre Muyaya porte-parole du gouvernement a réitéré les deux principes directeurs fixés par l’exécutif : le leadership de la riposte par le gouvernement congolais et une transparence totale.
Bien que des signaux encourageants et des progrès tangibles soient enregistrés dans la province de l’Ituri, les autorités sanitaires maintiennent une vigilance maximale et restent en alerte dans le Nord-Kivu, où subsistent quelques poches résiduelles de contamination.
Tout en saluant l’immense élan de solidarité internationale qui a permis de mobiliser une enveloppe de 2,9 milliards de dollars à New York en faveur de la riposte, le gouvernement congolais pose ses conditions aux bailleurs :
« Nous attendons de nos partenaires la transparence et la redevabilité sur la gestion de ces fonds, qui ne sont pas versés au trésor public.» a-t-il déclaré
Par cette déclaration, Kinshasa trace une ligne claire, exigeant des comptes sur l’utilisation de l’aide internationale gérée en dehors des canaux étatiques directs, tout en gardant fermement le cap sur la pacification et le redressement du pays.












