RDC-Rwanda : Kinshasa demande à l’ONU de superviser le désarmement des FDLR via la MONUSCO

RDC-Rwanda : Kinshasa demande à l’ONU de superviser le désarmement des FDLR via la MONUSCO

Par Emmanuel Medina

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a officiellement demandé aux Nations Unies d’intégrer la supervision du désarmement des FDLR dans le prochain mandat de la MONUSCO. Cette offensive diplomatique, dévoilée le mardi 29 septembre 2026 par l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay devant le Conseil de sécurité, vise à concrétiser les engagements de l’accord de paix signé avec le Rwanda sous la médiation des États-Unis, tout en désarmant les arguments sécuritaires de Kigali.

À trois mois de l’expiration du mandat actuel de la mission onusienne en décembre 2026, la RDC souhaite réorienter ses priorités. Kinshasa demande explicitement que la future résolution du Conseil de sécurité confie à la MONUSCO un rôle formel d’accompagnement, de suivi et de vérification du protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Cette démarche a déjà été formellement transmise au Conseil de sécurité par la ministre d’État des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, via une correspondance officielle enregistrée sous la cote S/2026/633.

« Nous demandons que cet effort transparent et vérifiable soit activement soutenu par le Conseil de sécurité et par la MONUSCO dans le cadre de son prochain mandat », a plaidé Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent de la RDC à l’ONU.

Pour appuyer sa demande, le diplomate congolais a mis en avant des progrès tangibles issus du processus de Washington. En dehors des rapatriements volontaires, un protocole de désarmement a été signé le 30 mai 2026 avec les FDLR-FOCA, engageant ces combattants à déposer les armes dans des sites de cantonnement définis par Kinshasa avant leur retour au Rwanda.

Le processus a franchi une étape clé le 29 août 2026 avec l’adhésion formelle de plusieurs branches dissidentes et groupes associés, notamment : le CNRD et l’Ubuyunge, le FNL et le FPP, les groupes Abajiaruk Gamba et Urunana

Cette initiative congolaise intervient dans un climat de profonde divergence textuelle avec le Rwanda. Kigali a d’ores et déjà qualifié ce protocole de « non-événement », estimant qu’il viole les termes de l’accord de Washington et accusant Kinshasa de mauvaise foi.

Pour les autorités congolaises, l’objectif est inverse : en impliquant l’ONU comme tiers vérificateur indépendant, Kinshasa entend priver définitivement le Rwanda de son principal argument sécuritaire la menace des FDLR utilisé pour justifier la présence de ses troupes dites « mesures défensives » dans l’Est de la RDC. Selon la lecture congolaise de l’accord, la neutralisation des FDLR doit aller de pair avec le retrait immédiat des forces rwandaises du sol congolais.

En parallèle, l’ambassadeur Mukongo Ngay a reconnu les « contraintes financières criantes » auxquelles fait face la MONUSCO. Le gouvernement congolais a ainsi entamé des consultations approfondies pour rédiger une note de cadrage stratégique. Ce document servira de boussole pour formuler la future résolution de décembre, afin de calibrer les objectifs de la mission sur les réalités budgétaires et sécuritaires du terrain.

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