Par Emmanuel Medina
Dans une déclaration publiée ce mardi 6 octobre 2026, le Rassemblement des Journalistes pour l’Émergence du Congo (RAJEC) dénonce avec force une spirale alarmante d’atteintes à la liberté de la presse à Kinshasa. L’organisation professionnelle appelle à la mobilisation générale et exige l’implication directe du chef de l’État pour stopper ce qu’elle qualifie de dérive répressive.
La consternation est vive au sein de la corporation des professionnels des médias en République démocratique du Congo. Le RAJEC a répertorié trois cas graves d’atteintes aux droits des journalistes survenus au cours des dernières heures :
Virginie Manganga : La journaliste a été placée en détention à la prison centrale de Makala, une incarcération consécutive à ce que l’organisation qualifie d’ enlèvement, puis Gauthier Sey : le promoteur du média en ligne Netic News a dû être admis en urgence à la Clinique Ngaliema, puis évacué à Paris pour des soins appropriés après avoir été la cible d’un enlèvement qualifié de criminel et enfin Danny Nguba, ce troisième journaliste est actuellement porté disparu, sa sécurité et son intégrité physique suscitant les plus vives inquiétudes.
Pour le RAJEC, l’accumulation de ces événements en l’espace de quelques semaines ne relève plus du fait isolé. Il s’agit d’une attaque frontale et systémique contre la liberté d’expression et la démocratie, pourtant garanties par la Constitution congolaise.
Face à la gravité de la situation, le Secrétaire-Rapporteur du mouvement, Edmond Izuba, patron d’opinion-info.cd a formulé quatre exigences majeures à l’endroit des autorités à savoir: la libération immédiate et sans condition de Virginie Manganga, dont la détention est jugée arbitraire, l’ouverture d’une enquête transparente pour faire toute la lumière sur l’agression de Gauthier Sey afin de traduire les auteurs en justice, le lancement immédiat des recherches par les services compétents pour localiser Danny Nguba et l’implication personnelle du président de la République et du ministre de la Justice pour mettre fin à ce climat d’insécurité.
Pointant du doigt la responsabilité directe des autorités politico-administratives et sécuritaires dans la protection des professionnels des médias, le RAJEC refuse de voir la presse payer un prix inacceptable pour l’exercice de son métier.
L’organisation appelle l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), les structures de défense des droits de l’homme, la société civile ainsi que les partenaires internationaux de la RDC à s’unir d’urgence pour faire bloc et défendre une presse libre et indépendante, aujourd’hui gravement mise en péril.













