À Kinshasa, l’UDPS a transformé la rue en démonstration de force. Face à une opposition qui peine à maintenir la mobilisation, le parti présidentiel a occupé le terrain pour soutenir Félix Tshisekedi et défendre le projet de référendum.
Par Pierre Kabakila
Mardi à Kinshasa, l’UDPS et ses alliés ont investi les rues pour soutenir Félix Tshisekedi, défendre les institutions et réclamer le changement de la Constitution. Le parti présidentiel a voulu transformer cette mobilisation en démonstration politique.
Les images : preuves irréfutables.

Des milliers de militants ont défilé. Les couleurs du parti ont occupé l’espace. Les slogans ont accompagné le cortège. L’UDPS a surtout réussi à faire de la rue une caisse de résonance pour son message.
Quelques jours plus tôt, l’opposition avait elle aussi tenté de mobiliser contre toute modification de la Constitution. Mais elle semble aujourd’hui confrontée à un défi majeur : transformer la contestation en véritable force populaire visible et durable.
La réalité sur le terrain contraste avec les discours de soutien populaire brandis par la coalition Article 64.
L’opposition congolaise dispose de discours, de figures politiques et de revendications. Cependant, l’adhésion populaire à cette vision, pour créer une dynamique commune capable de rivaliser avec la capacité de mobilisation du parti présidentiel, demeure faible.
Au-delà des émissions télévisées, de la propagande sur les réseaux sociaux et des discours, le seul rapport de force en politique reste la mobilisation de la population autour de son combat dans les rues.
Stratégie de l’UDPS : répondre à la contestation par la mobilisation.
L’opposition, elle, doit désormais se demander pourquoi ses appels produisent moins d’effet dans la rue et pourquoi elle peine à transformer son mécontentement en mouvement collectif.
Une manifestation ne suffit certes pas à mesurer toute la popularité d’un camp. Une foule ne constitue pas non plus un verdict sur le projet de référendum. Mais elle révèle une capacité d’organisation et une présence politique que l’opposition ne peut pas balayer d’un revers de main.
Le message de mardi est donc clair : sur le terrain de la rue, l’UDPS ne veut laisser aucun espace à ses adversaires.
À l’opposition de reprendre son souffle, de revoir sa stratégie et surtout de retrouver une capacité de mobilisation à la hauteur de ses ambitions.
Car dans une bataille politique, celui qui parle le plus fort n’est pas toujours celui qui rassemble le plus. Mais celui qui sait occuper le terrain finit souvent par imposer son récit.













