Une enquête accuse la FIFA d’avoir favorisé la qualification de la RDC à la Coupe du monde 2026 en violation de son règlement

Une enquête accuse la FIFA d’avoir favorisé la qualification de la RDC à la Coupe du monde 2026 en violation de son règlement

Près de trois mois après la Coupe du monde 2026, jouée aux États-Unis, au Mexique et au Canada, les médias français se penchent sur une question sensible qui touche la sélection congolaise. Une enquête du journal Le Monde, publiée ce mardi 6 octobre 2026, accuse la Fédération internationale de football association (FIFA) d’avoir violé son propre règlement en favorisant la qualification de la RDC au Mondial 2026, pour la première fois depuis 1974.

Par Patient MBY

L’affaire remonte au match entre le Nigeria et la RDC, comptant pour les barrages africains des éliminatoires de la Coupe du monde. Les Léopards l’emportent aux tirs au but (1-1, 4-3), mais les Super Eagles saisissent la FIFA pour dénoncer une irrégularité dans l’alignement des joueurs par Sébastien Desabre. Ils accusent la sélection congolaise d’avoir laissé des joueurs inéligibles en raison de leur nationalité livrer le match.

La plainte du Nigeria pour fraude de passeports sera rejetée dans un premier temps. Cependant, l’enquête révèle qu’après une étude approfondie du dossier, il a été découvert que Lionel Mpasi, portier franco-congolais, était inéligible en raison de sa double nationalité, les procédures du changement de nationalité sportive, initiées en 2021, n’ayant pas encore abouti.

Après que ces résultats ont été rendus publics avant la rencontre entre la RDC et la Jamaïque, les juristes de la fédération ont recommandé, note Le Monde, à Gianni Infantino et au secrétaire général de sanctionner la RDC. Mais ces recommandations ont été ignorées « pour des raisons politiques », en violation de son code de discipline.

Pourtant, indique Le Monde, le forfait infligé à l’Afrique du Sud lors de son match joué en mars 2025, dans le cadre des éliminatoires du Mondial, contre le Lesotho, après avoir aligné Teboho Mokoena, constituait déjà une jurisprudence dans la situation de la RDC.

La relation entre Gianni Infantino et Veron Mosengo-Omba a-t-elle joué un rôle déterminant ?

L’enquête met en avant une relation personnelle entre le président de la FIFA et le président de la Fédération congolaise de football association (FECOFA). Veron Mosengo-Omba, présenté comme Suisse d’origine congolaise, aurait fait des études de droit avec Gianni Infantino à l’Université de Fribourg, en Allemagne, où leur amitié s’est consolidée. Ensuite, Mosengo était, selon la même révélation, directeur de campagne pour l’élection d’Infantino à la tête de la FIFA, avant de devenir le directeur de la division des associations membres de l’instance internationale.

D’après Le Monde, Gianni Infantino aurait fermé les yeux en laissant passer la RDC en Coupe du monde 2026 malgré les conclusions de ses juristes, pour préserver son amitié avec Veron Mosengo-Omba, qui deviendra par la suite président de la FECOFA, après avoir démissionné du secrétariat général de la CAF.

Par ailleurs, cette décision est également perçue, par les enquêteurs, comme un moyen de bénéficier du soutien des fédérations africaines pour son troisième mandat à la tête de l’instance internationale, dans un contexte marqué par le désaveu de plusieurs fédérations sportives, à la suite de son projet de créer une société commerciale ouverte à des investisseurs privés concernant la Coupe du monde.

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