RDC : le ministre de la Justice ordonne l’ouverture d’enquêtes sur de graves dérives au sein du FRIVAO à Kisangani

Par la rédaction

Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a instruit le Procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir des enquêtes judiciaires sur de graves faits présumés de fraude, de corruption et de détournement de fonds liés au Fonds de Réparation des Indemnisations des Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), principalement dans la ville de Kisangani, province de la Tshopo.

Dans une correspondance officielle datée du 8 janvier 2026, dont une copie est parvenue à REPORTER.CD, le ministre de la Justice fait état de multiples rapports faisant état de pratiques illégales menées par certaines personnes se présentant abusivement comme responsables d’associations de victimes des guerres dites de 1, 3 et 6 jours.

Usurpation de qualité et extorsion de la population

Selon le document, ces individus procéderaient à des opérations d’identification des victimes sans aucun mandat officiel du FRIVAO, promettant des indemnisations indues.

Plus préoccupant encore, ces opérations se seraient étendues à des zones qui n’ont pas été reconnues par la Cour internationale de Justice (CIJ) comme ayant subi les activités illicites de l’Ouganda.

Le ministre souligne que certains de ces acteurs profiteraient de cette situation pour rançonner la population, exploitant la détresse et les attentes légitimes des victimes.
Soupçons de détournement de fonds publics

La lettre évoque également plusieurs cas présumés de détournement des fonds destinés à l’indemnisation des victimes, impliquant aussi bien des responsables d’associations que certains cadres du FRIVAO. Ces agissements, qualifiés de pénalement répréhensibles, porteraient gravement atteinte à la crédibilité de l’action publique et priveraient les véritables victimes de leurs droits légitimes.

Une menace pour l’ordre public à Kisangani

Le ministre de la Justice estime que ces dérives constituent un comportement d’« extrême gravité », dans un contexte où le gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République, affirme sa volonté de lutter contre la corruption et l’impunité. Il alerte sur le fait que ces pratiques :
jettent le discrédit sur les efforts déjà entrepris par l’État ;
sapent la confiance des victimes et des citoyens ;
et constituent une source manifeste d’insécurité dans la ville de Kisangani.
Instruction formelle à la justice

S’appuyant sur l’article 70 de la loi organique n°13/011-B du 11 avril 2013 relative à l’organisation et aux compétences des juridictions de l’ordre judiciaire, le ministre de la Justice a formellement demandé au Procureur général d’ordonner l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités et d’en tirer toutes les conséquences de droit.

Cette démarche marque une nouvelle étape dans la volonté affichée des autorités congolaises de restaurer la transparence, la crédibilité et la justice dans le processus d’indemnisation des victimes des conflits armés en République démocratique du Congo.

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