Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur est pris dans un étau. Alors qu’il est attendu à l’Assemblée nationale pour présenter ses moyens de défense concernant la motion de défiance pour incompétence, Jacquemain Shabani est sous pression d’une nouvelle pétition pour « ingérence dans les affaires provinciales, entrave au fonctionnement des institutions provinciales et locales et excès de pouvoir ».
Par Patient MBY
Cette motion de défiance, reçue par le bureau de l’Assemblée nationale le 23 avril, a déjà recueilli 56 signatures, à en croire un document consulté ce mardi par REPORTER.CD. Les motionnaires soulignent que leur démarche est garantie par les articles 100, 146 et 147 de la Constitution et par le règlement intérieur de la chambre basse du Parlement.
Les frondeurs reprochent au ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières des atteintes graves à la Constitution, aux lois de décentralisation et au principe de séparation des pouvoirs. Ces chefs d’accusation interviennent après une vague de désorganisation remarquée, notamment dans les provinces du Haut-Katanga et de la Tshopo.
Dans le Haut-Katanga, par exemple, le gouverneur Jacques Kyabula reste bloqué à Kinshasa depuis près de 9 mois pour consultation, alors que son vice, devenu intérimaire, a procédé au remaniement du gouvernement provincial. En 2025, la mairie de la ville de Lubumbashi a connu un bicéphalisme sans précédent : deux maires intérimaires de l’UDPS se sont disputé le fauteuil pendant un temps, avant que le Conseil d’État ne tranche en faveur de Joyce Tunda, alors autorité urbaine légalement nommée par ordonnance présidentielle. Selon le récit, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur avait désigné Patrick Kafwimbi, maire ad intérim, alors que Joyce Tunda était encore en fonction.
Dans la Tshopo, Jacquemain Shabani a rétabli le gouverneur Paulin Londongolia dans ses fonctions, pourtant ce dernier avait été déchu par l’Assemblée provinciale pour détournement de deniers publics. Tous ces cas pourraient peser sur le ministre mis en cause dans sa gestion de la territoriale.













