Par Patient MBY
Un mois après l’annonce d’un retrait « de façade » de la ville d’Uvira, après son occupation le 10 décembre 2025, la rébellion de l’AFC-M23 a annoncé, à travers un communiqué publié ce jeudi 15 janvier 2025, céder la gestion de la ville à la communauté internationale.
L’AFC-M23 dit se désengager d’Uvira, lever ses mesures d’observation et de monitoring laissées sur place pour organiser la cérémonie de remise et reprise éventuelle avec une force neutre de l’ONU, et décline la responsabilité de la sécurisation de la ville. La rébellion demande par ailleurs à la communauté internationale de protéger la population civile, de préserver la paix et la sécurité des habitants « sans discrimination ».
En dépit de son retrait et la cession officielle « pleine et entière » de l’agglomération à l’ONU, la rébellion de l’AFC-M23 s’oppose à toute reconquête d’Uvira par les forces gouvernementales et les Wazalendo, prétextant que leur présence constituerait une menace contre les populations civiles et les processus de paix en cours.
« Nous attirons solennellement l’attention de la communauté internationale sur le fait que l’armée burundaise, les FDLR, les groupes armés dits Wazalendo, ainsi que les mercenaires soutenant les FARDC, constituent une menace manifeste pour la ville d’Uvira. Ces acteurs armés ne sont parties à aucun engagement issu d’un processus de paix. À ce titre, leur présence et leurs activités représentent une menace directe et immédiate non seulement pour les populations civiles, mais également pour le processus de paix en cours et pour la stabilité régionale dans son ensemble », a déclaré Corneille Nangaa, coordonnateur politique de ce mouvement rebelle et signataire de cette missive.
La rébellion appelle la communauté internationale à déployer une force neutre à Uvira afin de prévenir « un nouveau chaos, de la désolation et de la violence ».
La ville d’Uvira a été capturée par les rebelles de l’AFC-M23, appuyés par l’armée rwandaise, six jours après la signature de l’accord de paix de Washington entre la RDC et le Rwanda. Une occupation perçue comme une provocation par les États-Unis, qui ont accentué la pression sur Kigali pour exiger le retrait des troupes rebelles et le respect des engagements convenus à Washington. Après cinq jours, l’AFC-M23 a annoncé quitter la ville. Un retrait jugé « factice » par le gouvernement congolais et insuffisant par la médiation américaine, qui a appelé les rebelles à se retirer jusqu’à 75 km d’Uvira.













