Par Gédéon Antibu
La crise alimentaire continue de prendre de l’ampleur en République démocratique du Congo où des millions de familles vivent dans des conditions de plus en plus difficiles. Selon les dernières projections de l’IPC sur l’insécurité alimentaire aiguë, près de 26,5 millions de personnes auront besoin d’une assistance humanitaire urgente entre janvier et juin 2026. Cette situation est principalement liée à la persistance des conflits armés, aux déplacements massifs de populations et à l’instabilité qui touche plusieurs provinces du pays, particulièrement dans l’Est.
L’analyse montre que plus de 22,9 millions de personnes se retrouvent actuellement en phase 3 de l’IPC, considérée comme une situation de crise alimentaire. En parallèle, plus de 3,6 millions d’autres vivent déjà dans une situation d’urgence, correspondant à la phase 4. Derrière ces chiffres, se cachent des familles qui peinent chaque jour à trouver de quoi se nourrir, des ménages ayant perdu leurs champs ou leurs activités à cause de l’insécurité, ainsi que des milliers de déplacés vivant dans des conditions humanitaires très difficiles.
Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika restent parmi les zones les plus touchées par cette crise. Dans ces 4 provinces seulement, près de 10 millions de personnes continueront à faire face à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire au cours des prochains mois, selon les mêmes estimations. Même si les nouvelles projections montrent une légère amélioration par rapport aux estimations réalisées en septembre 2025, les humanitaires soulignent que la situation reste extrêmement préoccupante sur le terrain.
Dans plusieurs localités de l’Est du pays, les violences armées empêchent encore les populations de reprendre une vie normale. De nombreuses familles ont abandonné leurs villages pour fuir les attaques et vivent aujourd’hui dans des sites de déplacés ou dans des familles d’accueil déjà confrontées elles aussi à la pauvreté. L’insécurité perturbe également les activités agricoles, réduisant fortement la production alimentaire dans certaines zones. À cela s’ajoutent les difficultés économiques et la hausse des prix des produits de première nécessité qui compliquent davantage l’accès à la nourriture.
Le rapport souligne également que l’aide humanitaire destinée à soutenir les populations affectées reste insuffisante face aux besoins. Dans plusieurs zones touchées, des millions de personnes vulnérables ne reçoivent toujours pas l’assistance nécessaire pour stabiliser leur consommation alimentaire ou reconstruire leurs moyens de subsistance. Les organisations humanitaires expliquent que l’accès difficile à certaines régions à cause de l’insécurité continue de freiner les opérations d’assistance sur le terrain.
Cette situation continue d’inquiéter les acteurs humanitaires et plusieurs observateurs qui estiment que la crise alimentaire risque encore de s’aggraver si les violences persistent dans l’Est de la RDC. Pour eux, la question alimentaire reste étroitement liée à la situation sécuritaire du pays. Tant que les conflits armés continueront à provoquer des déplacements massifs et à empêcher les populations de reprendre leurs activités normales, des millions de Congolais resteront exposés à la faim et à la précarité.












