À l’occasion du 20ᵉ anniversaire de la Constitution du 18 février 2006, Évariste Boshab relance un débat hautement sensible : faut-il réviser ou changer la Loi fondamentale ? S’inspirant des réflexions du juge américain Stephen Breyer sur la durée de vie moyenne des constitutions, l’ancien président de l’Assemblée nationale estime que l’évolution de la société congolaise impose d’adapter le texte aux réalités actuelles, au moment où le pouvoir évoque des réformes institutionnelles et où l’opposition redoute une remise en cause des garde-fous démocratiques.
Par Gédéon ATIBU
Évariste Boshab, un nom qui évoque le souvenir du poids lourd institutionnel qu’il a porté sur ses épaules, vient de jeter un pavé dans la mare, lors de l’activité organisée à Kinshasa, portant sur le bilan des 20 ans du texte fondateur encadrant l’État congolais, le professeur constitutionnaliste a ramené la question de sa révision ou de son changement au goût du jour.
« Nous fêtons aujourd’hui les 20 ans. Cela signifie que nous avons déjà dépassé la moyenne. Est-ce une raison pour s’en complaire ou est-ce une raison pour se dire que les réalités qui ont présidé à l’adoption de ce texte en 2026 ne sont plus les mêmes aujourd’hui ? », s’est-il demandé à haute voix.
Après avoir posé les prémices de sa réflexion, Évariste Boshab trace une trajectoire claire : l’évolution de la société congolaise rend impérative l’adaptation d’un cadre constitutionnel qu’il juge désormais en décalage avec les réalités du terrain.
« Une Constitution n’est pas un texte sacré immuable ; elle est le reflet des aspirations d’un peuple à un moment donné de son histoire. Si l’habit devient trop étroit, il faut avoir le courage de le retailler pour qu’il convienne à la morphologie actuelle de la Nation», a vivement soutenu Évariste Boshab.
A l’allure où la dynamique autour du changement ou de la modification de la constitution se développe, ce débat pourrait s’inviter au cœur du dialogue national inclusif qui s’annonce. Mais alors que les avis divergent, une crainte demeure : celle de voir les acteurs politiques s’accorder uniquement sur des arrangements profitables à leur classe. Dans ce jeu de couture institutionnelle, la question de fond subsiste : quelle sera la part réelle réservée au peuple ?













