Le 24 février 2013 – 24 février 2026, l’accord-cadre d’Addis-Abeba totalise 13 ans d’existence. Cet accord a été signé dans le but de permettre aux États signataires de travailler en faveur de la résolution pacifique de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs.
Par Patient MBY
Conclu par 11 pays, dont la République démocratique du Congo (RDC), l’Afrique du Sud, l’Angola, le Burundi, la République centrafricaine (RCA), le Congo, l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan du Sud, la Tanzanie et la Zambie, sous l’égide et en présence des organisations internationales et régionales, l’ONU, l’UA, la SADC et la CIRGL, les résultats de cet accord restent insignifiants plus d’une décennie après, ouvrant la brèche aux critiques.
À l’occasion du 13e anniversaire de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a jugé « désillusoire » et « asymétrique » le bilan de ce protocole de paix, de sécurité et de coopération pour la RDC et les Grands Lacs.
Dans une tribune spéciale sur son compte X, M. Paluku a estimé que les contraintes pesaient lourdement sur la République démocratique du Congo, alors que le Rwanda, acteur majeur de la crise, n’était soumis à aucune obligation « expresse et normative ». Une politique de deux poids, deux mesures, qui traduit explicitement « l’hypocrisie de la communauté internationale et de la région des Grands Lacs ».
Julien Paluku dénonce par ailleurs une ingérence institutionnelle sur la clause exigeant de la RDC de décentraliser le pays, soulevant une incohérence entre la gestion administrative et la résolution des hostilités, soulignant que « la décentralisation n’a jamais été la cause profonde de cette guerre ».
Pour lui, aucun prescrit de l’accord-cadre d’Addis-Abeba ne désignait le Rwanda comme pays agresseur, alors que depuis trois décennies l’activisme de Kigali a été documenté par plusieurs organisations internationales, notamment l’ONU. À cela s’ajoute la violation par le Rwanda d’une clause importante : « Ne pas tolérer ni fournir une assistance ou un soutien quelconque à des groupes armés », alors que son soutien aux rebelles de l’AFC-M23 n’est plus à prouver.
Julien Paluku a interpellé les acteurs politiques congolais à la vigilance et à la lecture « rigoureuse » des textes avant toute signature. Selon son analyse, plusieurs accords signés par la RDC ressembleraient à des « accords-pièges ».
Treize ans après la signature de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, la question de la résolution des hostilités dans la partie est de la RDC taraude les esprits, dans un contexte où plusieurs protocoles n’ont pas permis à la RDC de sortir du cycle infernal des violences perpétrées par des groupes armés soutenus par des pays voisins.













