Des poursuites judiciaires pour des infractions dans le cyberespace : Justicia ASBL dénonce un projet de traque contre les voix discordantes

Le gouvernement congolais veut reprendre la main sur le cyberespace face à la montée des dérives sur les réseaux sociaux. Alors que le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a instruit les procureurs d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs potentiels, l’ONG Justicia ASBL lève la voix contre ce qu’elle qualifie de restriction de la liberté d’expression.

Par Patient MBY

Dans un communiqué daté du mercredi 04 mars, Justicia ASBL estime que la mesure du ministre de tutelle visant à poursuivre les auteurs d’infractions numériques relève d’une tentative de musellement des voix discordantes du régime actuel. Cette annonce ressemble, selon l’organisation, à une restriction de la liberté d’expression et d’opinion dans un contexte sécuritaire et politique tendu.

« JUSTICIA Asbl alerte, cependant, sur une tentative déguisée de restreindre les espaces de liberté d’expression et d’opinion et surtout visant des voix critiques. Le durcissement de ton du gouvernement congolais à ce propos intervient à un moment très critique, alors que les Congolais font face à une crise politique et sécuritaire aux conséquences incalculables », a indiqué l’ONG.

Pour cette structure de défense et de promotion des droits humains, le gouvernement viserait, à travers ce projet, les voix discordantes, notamment les ONG et les personnalités politiques qui s’opposeraient à un éventuel changement de la Constitution, ainsi que celles qui ont dénoncé les « dérives » du Conseil National de Cyberdéfense (CNC), un service rattaché à la présidence.

Joignant le communiqué du ministre Ngefa à l’interdiction d’organiser des manifestations publiques et des rassemblements populaires, ainsi qu’à la restriction des libertés d’expression et d’opinion, Justicia ASBL fustige des « atteintes inacceptables » aux droits garantis aux citoyens par la Constitution et affirme qu’elle « ne cautionnerait aucune démarche tendant à instaurer un pouvoir dictatorial ».

Le ministre de la Justice a, dans sa communication, interpellé les internautes sur le respect des lois du pays et du code numérique dans l’utilisation des réseaux sociaux, notamment Facebook, TikTok, WhatsApp et X, indiquant que la diffamation, les fausses informations, le harcèlement et l’incitation à la haine seront désormais punis par la justice congolaise, tant au niveau national qu’à l’étranger.

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