La guerre qui oppose l’Iran aux États-Unis et à Israël continue de faire craindre des conséquences imprévisibles sur l’économie mondiale, surtout du fait de la fermeture du détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite le 1/3 du pétrole mondial. Depuis que l’Iran a bloqué cet endroit, le prix du pétrole a rapidement augmenté sur les marchés internationaux, avec des effets immédiats dans plusieurs pays, y compris ceux qui sont éloignés de cette région comme la RDC.
Par Reporter. CD
En effet, plusieurs grands pays producteurs de pétrole utilisent ce passage pour exporter leurs produits. Ainsi, cette perturbation a entraîné une hausse du prix du baril, avec des répercussions directes sur le coût du carburant en général. Pour un pays comme la République démocratique du Congo, qui dépend largement des importations pour son carburant, cela signifie que les prix à la pompe pourraient également augmenter même si, jusqu’ici, le gouvernement congolais a réussi à tenir le coup, probablement grâce aux réserves et aux mesures prises en faveur des opérateurs économiques congolais. Mais, si haute vertigineuse il doit y avoir, elle aura un impact inattendu sur le transport, les produits alimentaires et même sur certains secteurs comme les mines qui utilisent beaucoup d’énergie.
Jusqu’à présent, ces effets ne se sont pas encore fortement fait ressentir dans la vie quotidienne des Congolais grâce entre autres à la gestion des stocks et des mécanismes de stabilisation des prix. Mais plus la guerre dure, plus les risques s’accroissent. Comme le diraient analystes et experts, si la situation ne s’améliore pas rapidement, les conséquences finiront par se faire sentir sur le marché local.
Parer aux éventualités
Face à cette menace, les autorités congolaises ont commencé à se préparer. La Première ministre Judith Suminwa a réuni plusieurs membres du gouvernement le jeudi 2 avril dernier, dont le vice-Premier ministre en charge de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, ainsi que la ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola. L’objectif de cette rencontre était d’évaluer la situation de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers et d’anticiper les éventuels chocs liés à cette crise internationale.
À l’issue de cette réunion, le gouvernement a tenu à rassurer. Selon les autorités, les produits pétroliers restent disponibles sur le marché national et aucune rupture n’est signalée pour l’instant. Toutefois, elles ont aussi prévenu qu’un ajustement des prix reste possible si la situation internationale continue de se dégrader. Elles assurent cependant que toute décision sera prise de manière à éviter de perturber davantage l’économie nationale et de pénaliser la situation économique des Congolais.
Cette rencontre intervient dans un contexte où le gouvernement avait déjà pris certaines mesures, comme la réduction de certaines taxes sur les produits pétroliers à la frontière, afin de limiter l’impact sur les consommateurs. Mais malgré ces efforts, les autorités reconnaissent que la RDC reste exposée aux chocs extérieurs. Ainsi, la RDC penser à renforcer sa capacité à produire localement et à mieux anticiper les crises internationales.
Car, en dépit des mesures prises, le prix du GPL (gaz) et du carburant a d’ores et déjà commencé à grimper chez certains opérateurs économiques bien avant même que le gouvernement n’ajuste les prix. Sauf si une solution est trouvée au plus tôt sur la crise au Moyen-Orient, la RDC risque encore d’en faire les frais dans les prochains jours.













