Les redditions au sein du M23 se multiplient ces derniers jours dans la province du Sud-Kivu.
De plus en plus, des combattants déposent les armes et se rendent aux Forces armées de la République démocratique du Congo. Ce phénomène, observé sur plusieurs axes, attire l’attention et semble confirmer un affaiblissement progressif de la rébellion sur le terrain, rébellion déjà miné par des tensions internes, selon des indiscrétions.
Par Gédéon ATIBU
Sur l’axe Bunyakiri, en territoire de Kalehe, 11 combattants du M23 se sont rendus aux FARDC selon des informations rapportées par le porte-parole militaire sur place. Ils ont remis au moins 5 armes à l’armée. Selon le lieutenant Jérémie Meya, ces hommes ont dit se réjouir d’avoir quitté la rébellion pour rejoindre les forces loyalistes. Le commandant du secteur a, à cette occasion, appelé d’autres combattants à suivre le même chemin et à participer au retour de la paix dans la contrée.
Une autre reddition a été signalée à Mikenge, dans l’axe Minembwe, où 11 autres rebelles se sont également rendus aux FARDC. D’après le lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan, ces combattants ont été pris en charge par les unités de l’armée après avoir déposé leurs armes. Parmi eux, certains étaient encore très jeunes, âgés entre 14 et 16 ans, ce qui montre que des mineurs sont aussi impliqués dans ce conflit imposé par le M23.
Ces nouvelles redditions interviennent après d’autres cas enregistrés récemment dans la même partie du pays. Depuis le mois de février, plusieurs dizaines de combattants auraient déjà quitté les rangs du M23 pour se rendre aux forces gouvernementales, selon les autorités militaires. Ce chiffre montre une tendance qui s’accélère et qui pourrait avoir un impact sur la capacité opérationnelle du mouvement qui, dans ses nombreuses communications, donne l’impression d’être un groupe compact presqu’infaillible.
Pour plusieurs observateurs, ces défections s’expliquent par plusieurs facteurs. D’abord, la pression diplomatique exercée sur le M23 qui a réduit ses capacités d’avancer sur le terrain. Certains combattants, qui avaient rejoint le mouvement avec l’espoir d’aller plus loin, notamment vers d’autres grandes villes, réalisent aujourd’hui que cet objectif devient difficile à atteindre. Ils désespèrent donc de plus en plus.
À cela s’ajoutent les conditions de vie dans les rangs de la rébellion. Des sources évoquent des problèmes de prise en charge, un manque de moyens et des difficultés au quotidien. Face à cette situation, certains combattants préfèrent abandonner la lutte et se tourner vers l’armée régulière, qui promet un meilleur encadrement et le respect des règles.
Même si le conflit reste présent dans plusieurs zones, ces redditions répétées donnent des indications sur l’évolution de la situation. Elles montrent que le M23 pourrait être confronté à des difficultés internes, tandis que les FARDC continuent d’encourager les combattants à déposer les armes. Il n’est pas exclu que d’ici quelques mois, la rébellion perd son aplomb, surtout qu’il est aujourd’hui contraint de se retirer de certaines localités du Nord-Kivu.













