Par MEDINA
Ce lundi 13 avril 2026 en séance ordinaire, le Bureau de l’Assemblée provinciale du Kongo Central a dressé un bilan financier alarmant. Privé de ses rétrocessions depuis plusieurs mois, l’institution dénonce un blocage qui paralyse son fonctionnement et fragilise le statut social des élus, malgré des recettes provinciales en constante progression.
C’est une rentrée de session de mars sous haute tension pour l’organe délibérant du Kongo Central. Sous la direction de son leadership actuel, le Bureau a décidé d’instaurer une discipline de fer avec des réunions désormais fixées chaque lundi. Mais au-delà de la rigueur administrative, c’est le cri du cœur financier qui a dominé l’ordre du jour ce 13 avril.
Le constat chiffré est sans appel. Sur la période allant de septembre 2025 à ce jour, soit huit mois d’activité parlementaire, l’Assemblée provinciale n’a perçu que trois rétrocessions du septembre, novembre et décembre. Ce retard de cinq mois crée un vide profond dans la gestion quotidienne de l’institution.
Pour les membres du Bureau, ces fonds ne sont pas un luxe, mais une nécessité vitale. Ils permettent de compléter les émoluments des députés provinciaux, de répondre aux urgences sociales des élus et de couvrir les charges de fonctionnement essentielles à la vie démocratique de la province.
Le Bureau a tenu à mettre les points sur les « i » en rappelant la santé financière de la province. Avec des recettes mensuelles du Trésor provincial estimées à environ 12 milliards de Francs Congolais (CDF), l’appui budgétaire destiné à l’Assemblée qui s’élève à seulement 500 millions de francs congolais par mois paraît dérisoire.
« Dans ce contexte, le retard accumulé apparaît difficilement justifiable au regard des besoins institutionnels », estime le Bureau. Ce décalage entre les performances de collecte des taxes provinciales et le traitement réservé à la première institution de la province soulève des interrogations sur les priorités budgétaires de l’Exécutif.
Tout en évitant de désigner formellement des coupables, le Bureau appelle à une réaction rapide et coordonnée des autorités compétentes. L’objectif est de régulariser les arriérés pour éviter que l’institution ne sombre dans une crise opérationnelle majeure.
Cette alerte intervient alors que l’Assemblée provinciale tente de renforcer sa gouvernance interne. Sans moyens, cette volonté de discipline risque de rester lettre morte, laissant les députés provinciaux dans une précarité incompatible avec la dignité de leur fonction.













