Bahati vs Union sacrée : bras de fer autour de la légitimité de l’AFDC

Par MEDINA

Le torchon brûle entre l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC) et le secrétariat permanent de l’Union Sacrée de la Nation. Après la réception officielle d’un groupe de dissidents par les instances de la coalition, le parti de Modeste Bahati Lukwebo a adressé un mémorandum au Chef de l’État pour dénoncer une violation flagrante de la charte de la plateforme.

La majorité présidentielle traverse une zone de fortes turbulences. L’élément déclencheur; l’audience accordée mardi dernier par le secrétariat permanent de l’Union Sacrée à une aile dissidente de l’AFDC, conduite par Otto Bahizi. Une démarche perçue par l’état-major de Modeste Bahati Lukwebo comme une tentative de déstabilisation orchestrée de l’intérieur.

Dans un mémorandum adressé au président Félix Tshisekedi, consulté par reporter.cd ce vendredi 17 avril 2026, l’AFDC ne décolère pas. Le parti soutient que la réception de ces frondeurs bafoue les textes régissant l’Union Sacrée, lesquels définissent clairement les personnalités habilitées à engager les regroupements membres.

Pour les cadres du parti, cautionner de tels actes risque de fragiliser la cohésion de la majorité au pouvoir. « En votre qualité de garant de la légalité, vous ne sauriez demeurer indifférent face à cette tentative regrettable de duplication de l’AFDC », peut-on lire dans le document. L’AFDC rappelle que Modeste Bahati Lukwebo a été élu président national statutaire lors du congrès de mars dernier, auquel les actuels dissidents avaient pourtant participé.

La tension est montée d’un cran avec les déclarations d’Otto Bahizi. À l’issue de son échange avec André Mbata, ce dernier a publiquement réclamé la radiation de Bahati Lukwebo, allant jusqu’à le qualifier de « taupe » agissant pour le compte des ennemis du pays.

Ce climat de sédition semble avoir trouvé un écho auprès du ministère de l’Intérieur. Par une correspondance datée du 14 avril, le ministre a rejeté les résolutions du dernier congrès de l’AFDC, s’appuyant sur l’opposition manifestée par le clan Bahizi.

En réponse, l’AFDC brandit ses muscles politiques. Fort de ses 32 députés nationaux, 7 sénateurs et plus d’une centaine d’élus provinciaux et communaux, le parti rappelle qu’il est l’un des piliers de la majorité.

L’AFDC demande désormais au Chef de l’État d’instruire les instances de l’Union Sacrée pour faire respecter strictement la légalité et les textes du parti,réaffirmer que seul Modeste Bahati Lukwebo est habilité à engager le parti et enfin garantir la préservation des acquis de l’AFDC au sein de la coalition.

L’arbitrage de Félix Tshisekedi est désormais attendu pour éteindre un incendie qui menace l’unité de sa propre famille politique à un moment charnière de la législature.

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