Procès Philémon Yav : Fin de l’instruction, les plaidoiries fixées au 5 mai

Par MEDINA

Fin de partie pour l’expertise numérique dans le dossier Philémon Yav. Faute de codes d’accès, les téléphones de l’ancien commandant de la troisième zone de défense ne livreront pas leurs secrets à la justice. La Haute Cour militaire a décidé, ce mardi 21 avril, de passer outre les difficultés du Conseil national de la cyberdéfense pour lancer, dès le 5 mai prochain, la phase ultime du procès.

Après des mois d’attente, l’audience de ce mardi devait apporter la preuve reine de l’accusation, le contenu des téléphones portables du général Yav. Mais le rapport du ppConseil national de cyberdéfense (CNC), lu par la greffière en chef, a résonné comme un aveu d’impuissance technique.

Le CNC a officiellement informé la Cour que les trois téléphones saisis (deux iPhone et un terminal sécurisé) restent désespérément verrouillés. Face à des systèmes de chiffrement avancés, les experts ont sollicité un délai supplémentaire, craignant qu’une intervention forcée ne compromette gravement l’intégrité des données . En clair, sans les codes d’accès que le prévenu refuse de fournir, les secrets numériques de Philémon Yav restent hors de portée.

Cette demande de prorogation a immédiatement suscité la colère des deux bords. Le ministère public a fustigé le flou du CNC sur la durée des travaux, tandis que la défense a dénoncé une fuite en avant.

Pour les avocats du général Yav, cette incapacité technique est révélatrice du vide du dossier. Détenu depuis 2022, l’ancien commandant de la troisième zone de défense clame son innocence. La défense soutient que le fameux message qu’aurait envoyé le général rwandais James Kabarebe pièce centrale de l’accusation de trahison n’est qu’une fiction destinée à étayer une cabale orchestrée par des rivaux au sein de la hiérarchie militaire.

« On ne peut prolonger indéfiniment la détention d’un homme sur la base de difficultés techniques d’un service spécialisé », ont martelé ses conseils, estimant que l’absence de preuve matérielle après quatre ans d’enquête doit conduire à la relaxe.

Tranchant dans le vif, la Haute Cour militaire a refusé d’accorder le délai sollicité par le CNC, jugeant que cela retarderait indûment le procès. Estimant que la religion de la Cour est désormais suffisamment éclairée, le premier président a renvoyé la cause au 5 mai 2026.

À cette date, l’auditeur général et les avocats de la défense s’affronteront lors des plaidoiries et du réquisitoire. Ce sera l’ultime étape avant le délibéré. Le lieutenant-général Philémon Yav, poursuivi pour trahison et intelligence avec le Rwanda, joue sa carrière et sa liberté dans ce qui reste l’un des procès militaires les plus sensibles de l’ère Tshisekedi.

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