Le secrétaire permanent de l’Union sacrée a fait un virage que personne n’aurait pu soupçonner la veille. Après avoir collectivement appelé à une réforme constitutionnelle, André Mbata est aussitôt revenu sur ses déclarations en l’espace de 24 heures seulement.
Par Gédéon ATIBU
Après avoir donné l’impression, dans un communiqué du 20 avril, que le processus était officiellement lancé, l’ex-vice-président de la Chambre basse s’est dédit dès le lendemain avec un message totalement différent. Il affirme désormais qu’il ne s’agissait que d’une mauvaise interprétation, parlant plutôt d’une simple transmission d’avis au chef de l’État. Cette rhétorique donne l’image d’un véritable rétropédalage.
Dans son premier communiqué, le ton était pourtant sans ambiguïté. L’Union sacrée appelait les citoyens, les partis politiques, les organisations et même la diaspora à envoyer leurs propositions pour une réforme de la Constitution. Une date limite était même fixée et la mise en place d’une commission technique annoncée d’ici le 20 mai prochain. Tous ces éléments montraient que le processus était désormais en cours, avec des étapes bien définies. Pour beaucoup d’observateurs, il ne s’agissait plus d’un simple débat, mais d’un projet déjà enclenché et méticuleusement élaborée par la mouvance présidentielle.
Mais dans son second communiqué, le discours change complètement. André Mbata explique que son rôle se limitait à faire remonter des demandes de certains citoyens à Félix Tshisekedi. Il insiste sur le fait que ni l’Union sacrée ni la présidence n’ont officiellement lancé une réforme. Ce recul est difficile à gober, tant il contredit le contenu et l’esprit du message précédent.
Face à ce revirement, 2 hypothèses se dégagent. La première est celle d’une initiative prise sans une validation claire de la hiérarchie. Dans ce cas, le Secrétaire permanent aurait été rappelé à l’ordre après avoir pris une position aux conséquences imprévisibles. Dans ce cas, on se dirait que des failles de coordination au sein de la coalition au pouvoir sont évidentes, surtout sur une question aussi sensible que la Constitution où chaque cherche à voler la vedette auprès du chef de l’Etat pour des dividendes politiques.
La seconde hypothèse est liée à la probable pression de l’opinion. Le communiqué du 20 avril a provoqué de nombreuses réactions, généralement très critiques, notamment sur les réseaux sociaux. Dans un pays déjà confronté à une crise sécuritaire dans l’Est, beaucoup ont jugé le moment mal choisi pour lancer une telle démarche. Ce contexte pourrait expliquer pourquoi le ton a été rapidement adouci dans le communiqué suivant.
Ce flou intervient alors que le président Félix Tshisekedi lui-même ne s’est pas exprimé directement sur cette question ces derniers jours. Ce silence laisse place à des initiatives individuelles ou à des prises de parole non coordonnées. Dans le cas précis, des adversaires du régime parleraient d’une communication mal organisée au sommet de la majorité.
De ce qui précède, se dit-on, en passant d’une annonce qui ressemblait à un lancement officiel à une simple explication technique, le secrétariat permanent entretient le doute. Ce revirement débouche sur une question : s’agit-il d’une erreur corrigée à temps ou d’un projet abandonné face à la pression ? Les regards restent rivés vers l’avenir pour connaître l’issue de ce feuilleton dont on ignore encore l’issue.













