Au gouvernorat du Haut-Katanga, l’heure est aux calculs, aux tractations et à la quête de repositionnement après la démission du gouverneur titulaire, Jacques Kyabula, retenu à Kinshasa pour « consultations » pendant près de 9 mois. Convoqué à Kinshasa en juillet 2025, Kyabula avait été remplacé par son vice-gouverneur, Martin Kazembe, pour assurer les affaires courantes. Un intérim marqué par des décisions inadaptées aux fonctions.
Par Patient MBY
En décembre 2025, Martin Kazembe réajuste le cabinet laissé par Kyabula, en nommant Clément Muamba au poste de directeur de cabinet adjoint chargé des questions politiques. Une nomination loin d’être isolée. Fin mars 2026, à la surprise générale, le gouverneur intérimaire remanie le gouvernement. La province crie au scandale. Plusieurs juristes et défenseurs de la loi montent au créneau pour dénoncer la violation de l’article 23, alinéa 2, de la loi organique n°08/012 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces, qui réserve cette prérogative au gouverneur titulaire.
La démission de Jacques Kyabula Katwe est une fatalité pour le gouvernement de Martin Kazembe Shula. À la lumière de l’article 40 de la même loi, qui indique que le gouverneur démissionne avec tout son gouvernement, le nouvel exécutif réaménagé par Martin Kazembe, alors vice-gouverneur assumant l’intérim, tombe caduc avec Kyabula. Il revient désormais aux instances électorales d’organiser les élections des futurs dirigeants de la province.
Précédent Masuka, une bouée de sauvetage pour Kazembe
La jurisprudence créée par Fifi Masuka pourrait éviter le naufrage du gouvernement de Martin Kazembe. En effet, le 10 janvier 2023, lorsque l’ancien gouverneur de la province du Lualaba, Richard Muyej Mangez Mans, a rendu le tablier après avoir été retenu pendant longtemps à Kinshasa, sa vice-gouverneure, Fifi Masuka Saini, a assuré la continuité de l’État jusqu’à l’organisation des élections des gouverneurs en 2024, où elle a été élue avec un score soviétique. Alors que la loi prévoit que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) organise les élections dans un délai de 30 jours, ce précédent pourrait sauver le gouvernement de Martin Kazembe.
Avec l’appui de l’UDPS, la formation politique à laquelle il appartient, et grâce à ses lobbies à Kinshasa, Martin Kazembe pourrait user de ses atouts pour demeurer en fonction sans être inquiété, comme Fifi Masuka en 2023.













