Par Emmanuel Medina
Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a arrêté une série de mesures drastiques pour endiguer la propagation du virus Ebola de souche Bundibugyo, dans la partie orientale du pays. À l’issue d’une réunion stratégique tenue jeudi à la Cité de l’Union africaine, le chef de l’État a ordonné un déploiement conjoint des forces de l’ordre et des équipes médicales pour verrouiller les foyers épidémiques.
Face à la résurgence de la souche Bundibugyo dans l’Est, Kinshasa opte pour la fermeté. La réunion entre le président Félix Tshisekedi et la Task Force nationale chargée de la lutte contre le virus Ebola a débouché sur un renforcement immédiat des contrôles.
La Police nationale congolaise (PNC) est officiellement mobilisée pour appuyer le personnel soignant. Ce déploiement mixte vise à réguler strictement les déplacements de population. Les agents de santé, protégés par les forces de l’ordre, vont intensifier les contrôles thermiques, le lavage obligatoire des mains et le suivi de l’hygiène aux points de passage clés autour des zones touchées.
Le protocole sanitaire franchit un palier supérieur avec l’instauration d’un confinement obligatoire pour les cas suspects. Le chef de l’État a instruit les équipes de riposte d’appliquer une période d’observation sanitaire stricte de 21 jours correspondant à la durée maximale d’incubation du virus pour tous les contacts avérés.
De plus, une restriction de voyage vers l’étranger frappe désormais les résidents des zones affectées. Cette mesure vise à empêcher l’exportation du virus vers les pays voisins ou d’autres provinces de la RDC.
L’implication directe de la police nationale congolaise traduit la complexité de la riposte dans l’est de la RDC, une région déjà secouée par l’insécurité. La Présidence congolaise qualifie ces nouvelles directives de mesures « strictes et renforcées », indispensables pour couper la chaîne de transmission communautaire avant une flambée incontrôlable.
L’efficacité de ce double verrou, sanitaire et sécuritaire, dépendra désormais de l’adhésion des populations locales. Dans une région de l’Est déjà meurtrie par les conflits armés, la Police nationale congolaise devra concilier rigueur épidémiologique et diplomatie de terrain pour éviter que la crise sanitaire ne se double d’une crise de confiance.













