Alors que l’épidémie d’Ebola continue de progresser dans l’est de la RDC, le député national Gratien Iracan alerte sur les faiblesses de la riposte. Il dénonce une « politisation » de la gestion de la crise et appelle à renforcer le rôle des experts scientifiques.
Par Patient MBY
La 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, causée par le virus Bundibugyo, continue de progresser dans l’est de la République démocratique du Congo. Face aux difficultés persistantes de la riposte, le député national Gratien Iracan dénonce une « politisation » de la réponse et appelle à davantage d’implication des experts scientifiques.
Intervenant dans un Space X organisé par le journaliste Stanis Bujakera, l’élu de Bunia, l’un des principaux foyers de l’épidémie, a évoqué plusieurs obstacles auxquels sont confrontées les équipes de riposte. Il cite notamment les conditions salariales des prestataires, l’impraticabilité des routes, l’insuffisance des ambulances et des équipements de protection, ainsi que l’insécurité et les tensions communautaires.
Selon Gratien Iracan, la présence de groupes armés et le recours à des tradipraticiens compliquent davantage la prise en charge des malades. Certaines zones de santé, notamment Nizi et Damas, seraient ainsi, selon lui, « hors du contrôle » de l’État.
Alors qu’une motion contre le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, serait en préparation au Parlement, le député affirme ne pas soutenir cette démarche. Pour lui, la crise sanitaire dépasse la responsabilité individuelle du ministre et traduit surtout les faiblesses structurelles du système de santé.
Gratien Iracan plaide ainsi pour une réponse multisectorielle associant notamment les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères, afin de répondre aux problèmes d’insécurité et aux risques de propagation transfrontalière.
Il demande enfin que des experts indépendants des considérations politiques soient associés à l’évaluation de la riposte afin d’identifier les principaux « goulots d’étranglement » dans la chaîne de transmission du virus.
Selon les chiffres communiqués dans le cadre de la riposte, l’épidémie a atteint 5 021 cas confirmés, dont 2 378 décès, soit un taux de létalité de 47,4 %.













