Par Rédaction
Une vive controverse éclate autour du poste de péage exploité par la société chinoise Congo Corporation International SARL (CCI SARL), sur la route de contournement Buluo-Lwambo, dans le Haut-Katanga.
Selon des informations recueillies sur place, des policiers déployés à bord de jeeps, accompagnés de plusieurs hommes en civil porteurs d’armes, auraient fait évacuer les agents de CCI SARL avant de prendre le contrôle des installations. Des civils auraient ensuite été installés sur le site pour assurer la perception des droits de péage et l’encaissement des recettes.
Ces faits, survenus vendredi 4 septembre 2026, sont attribués par des sources au gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula. Ils suscitent des interrogations, d’autant que CCI SARL affirme exploiter ce poste dans le cadre d’engagements contractuels conclus avec les pouvoirs publics congolais concernant notamment la réalisation et l’exploitation de cette infrastructure routière.
La situation intervient quelques jours avant une réunion de service convoquée à Kinshasa par le ministre national des Infrastructures, John Banza Lunda. Le gouverneur du Haut-Katanga, l’Office des voiries et drainage (OVD) ainsi que CCI SARL sont invités à cette rencontre prévue le 10 septembre 2026.
Une question de compétence ?
La controverse porte également sur la compétence de l’autorité provinciale concernant cette route. L’arrêté ministériel n° CAB/MIN-ETAT/ITP/AGM/058/2025 du 5 août 2025 portant révision de la classification routière en RDC classe, au point 112 de son annexe, l’axe Buluwo-Lwambo parmi les routes d’intérêt national.
Selon les dispositions de cet arrêté, la gestion, l’entretien, la réhabilitation et la modernisation des routes d’intérêt national relèvent du pouvoir central. Les autorités provinciales sont notamment chargées de contribuer à son exécution, dans le respect de la répartition des compétences.
Dans ce contexte, la prise de contrôle du poste de péage par des éléments armés et la substitution de personnes civiles aux agents de CCI SARL soulèvent des questions sur la légalité de l’opération et sur la gestion des recettes générées par ce péage.
Appel à l’intervention des autorités
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour réclamer l’intervention rapide du gouvernement central et des autorités judiciaires afin de clarifier les responsabilités, sécuriser le site et déterminer les conditions légales de perception des recettes.
L’enjeu dépasse, selon les mêmes sources, le seul différend autour d’un poste de péage. Il touche également au respect des engagements contractuels de l’État congolais vis-à-vis d’un investisseur étranger et au respect des principes de l’État de droit.
Les autorités compétentes sont désormais appelées à faire la lumière sur les circonstances ayant conduit à l’éviction des agents de CCI SARL et à la prise de contrôle du poste de péage de Buluo-Lwambo.













