RDC : au moins 45 professionnels de santé déjà morts d’Ebola depuis le début de l’épidémie

RDC : au moins 45 professionnels de santé déjà morts d’Ebola depuis le début de l’épidémie

Quarante-cinq professionnels de santé sont déjà morts de la maladie à virus Ebola depuis le début de l’épidémie en République démocratique du Congo. Selon les données disponibles jusqu’en août dernier, 158 agents de santé avaient déjà été contaminés par le virus. Ces chiffres concernent notamment des personnes engagées dans les soins, la surveillance et d’autres activités liées à la riposte contre l’épidémie.

Par Charles Muhindo

Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les structures de santé sont également exposées au risque de propagation du virus, notamment lorsque des patients y sont admis avant que la maladie ne soit identifiée. Dans certaines structures, les moyens consacrés à la prévention et au contrôle des infections restent limités.

Au Nord-Kivu, une évaluation menée dans six établissements de santé fait apparaître un niveau moyen d’application des mesures de prévention et de contrôle des infections de 29 %. À l’hôpital général de Ganga, dans la province du Bas-Uélé, ce niveau s’établissait à 21,3 %, selon la même source.

À l’échelle nationale, l’épidémie provoquée par le virus Ebola de la souche Bundibugyo continue de toucher six provinces. Au 2 septembre, 6 342 cas confirmés avaient été enregistrés, dont 3 072 décès et 1 475 personnes déclarées guéries. La létalité s’établit ainsi à environ 48 %. L’Ituri demeure la province la plus touchée, avec 5 164 cas confirmés, selon les données rendues publiques.

Déclarée en mai dernier, cette épidémie est devenue la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC. Le 4 septembre, le gouvernement et ses partenaires ont présenté un nouveau plan de riposte de 180 jours, destiné notamment à renforcer la surveillance, la prise en charge des malades, la prévention et le contrôle des infections ainsi que la recherche des contacts. La mise en œuvre complète de ce plan nécessite toutefois environ 1,3 milliard de dollars.

La protection des professionnels de santé demeure ainsi l’un des enjeux majeurs de la riposte. L’OMS recommande notamment que les établissements situés dans les zones touchées ou à risque disposent d’équipements de protection adaptés, d’un accès à l’eau propre et de mesures appropriées pour prévenir les infections.

Le vaccin Ervebo utilisé dans le cadre de la riposte est homologué contre une autre espèce du virus Ebola, la souche Zaïre. Son efficacité contre le virus Ebola de la souche Bundibugyo n’est, à ce jour, pas démontrée chez l’être humain.

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