RDC : Kinshasa s’oppose à la restauration des frais scolaires dans les zones sous contrôle du M23

RDC : Kinshasa s’oppose à la restauration des frais scolaires dans les zones sous contrôle du M23

Les parents d’élèves vivant dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 au Nord-Kivu sont désormais appelés à payer de nouveau des frais scolaires. Dans un arrêté daté du 28 août, les responsables de l’AFC/M23 ont fixé différentes contributions pour l’année scolaire 2026-2027 dans les écoles publiques et privées agréées. À l’école primaire, les montants vont de 5 000 à 45 000 francs congolais par élève et par trimestre, tandis qu’au secondaire, ils pourront atteindre 240 000 francs dans certaines filières techniques et professionnelles.

Par Charles Muhindo

Comme on le sait, la gratuité de l’enseignement primaire est appliquée en RDC depuis septembre 2019. Depuis lors, les parents d’élèves des écoles primaires publiques ne sont plus censés prendre en charge les frais de scolarité comme auparavant, l’État assurant notamment la rémunération des enseignants.

Le retour de ces paiements dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 constitue donc une charge supplémentaire pour les familles concernées.

L’arrêté prévoit également que les versements soient effectués sur un compte de la CADECO ouvert au nom de la coordination provinciale de l’éducation relevant de l’AFC/M23. Des sanctions sont annoncées contre les responsables d’établissements qui ne respecteraient pas les nouvelles dispositions.

Pour les familles déjà confrontées aux conséquences de la guerre, notamment aux déplacements et aux difficultés économiques, ces frais représentent une charge supplémentaire. Les ménages ayant plusieurs enfants scolarisés pourraient être particulièrement touchés par cette mesure.

La situation risque également de poser des difficultés aux élèves dont les parents n’ont pas les moyens de payer régulièrement. Dans plusieurs familles du Nord-Kivu, les dépenses liées à l’alimentation, au logement et aux autres besoins des enfants sont déjà difficiles à supporter. L’ajout de frais scolaires pourrait ainsi pousser certains parents à retarder l’inscription de leurs enfants ou à éprouver davantage de difficultés à les maintenir à l’école.

Face à cette décision, le gouvernement congolais demande l’arrêt de toute perception obligatoire de frais dans les écoles primaires publiques situées dans les zones contrôlées par l’AFC/M23. Le ministère de l’Éducation nationale rappelle que la gratuité du primaire reste applicable à tous les enfants, quelle que soit leur zone de résidence ou la situation sécuritaire qui y prévaut.

Kinshasa s’appuie notamment sur l’article 43 de la Constitution, qui garantit le caractère obligatoire et gratuit de l’enseignement primaire dans les établissements publics. Pour le gouvernement, aucun paiement ne peut donc être exigé comme condition pour inscrire un enfant, lui permettre de suivre les cours ou le maintenir dans une école primaire publique.

Le ministère affirme par ailleurs que l’État continue de prendre en charge les salaires et les primes des enseignants concernés, ainsi que les frais de fonctionnement prévus pour les écoles et les bureaux gestionnaires.

Il demande ainsi la cessation de ces perceptions et rappelle qu’aucun enfant ne devrait être exclu d’une école primaire publique en raison de l’incapacité de ses parents à payer.

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