RDC : Dialogue annoncé, décrispation politique attendue, mais toujours pas d’actes concrets à J-7 de la manifestation du 15 septembre

RDC : Dialogue annoncé, décrispation politique attendue, mais toujours pas d’actes concrets à J-7 de la manifestation du 15 septembre

Le 27 août dernier, Félix Tshisekedi annonçait le lancement d’un dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Dans son adresse à la Nation, le président de la République avait également annoncé des mesures de confiance et de décrispation politique pour accompagner cette démarche. Il avait notamment indiqué que des ordonnances devraient venir préciser le cadre et les modalités de ce processus. Mais, 12 jours après cette annonce, les actes se font toujours attendre. Le dialogue est bien annoncé, mais les mesures censées lui donner une forme concrète tardent encore à venir.

Par Charles Muhindo

L’opposition avait rapidement rejeté l’idée d’un dialogue organisé dans les conditions annoncées par le pouvoir. Pour certains opposants, il ne s’agit pas d’un véritable dialogue, mais d’une initiative destinée à renforcer la légitimité de la majorité au pouvoir. Dans ce contexte, la publication des ordonnances annoncées par le chef de l’État pourrait permettre de lever certaines zones d’ombre.

Qui va organiser ces assises ? Qui va les diriger ? Quels acteurs seront invités ? Quel sera exactement leur mandat ? Quelle place sera accordée à l’opposition et aux autres composantes de la société ? Pour l’heure, ces questions restent sans réponse.

La même attente concerne la décrispation politique. Là aussi, le pouvoir est attendu sur des décisions concrètes. Des mesures concernant certaines personnalités détenues dans des dossiers à caractère politique, la situation de certains acteurs politiques empêchés de rentrer au pays ou encore la question des passeports pourraient constituer de premiers signes d’apaisement.

Il ne s’agit pas nécessairement de répondre à toutes les revendications de l’opposition, mais de démontrer que l’appel au dialogue s’accompagne d’une volonté réelle de réduire les tensions politiques dans le pays.

Car les jours continuent de s’écouler. Nous sommes le 8 septembre et la coalition Article 64 maintient son appel à une grande manifestation prévue le 15 septembre, soit dans exactement sept jours. Cette mobilisation doit notamment se diriger vers le Palais du Peuple afin d’interpeller les députés sur le projet de loi relatif au référendum et, plus largement, sur la crise multiforme que traverse le pays.

L’annonce du dialogue n’a donc pas suffi, pour l’heure, à mettre fin à la contestation.

C’est précisément là que se situe l’un des principaux enjeux pour le pouvoir. Entre le 8 et le 15 septembre, Félix Tshisekedi dispose encore de quelques jours pour poser des actes susceptibles de modifier l’atmosphère politique.

La publication de l’ordonnance attendue, la mise en place d’un cadre consensuel chargé de préparer le dialogue ou encore l’adoption de mesures concrètes de décrispation pourraient contribuer à rassurer une partie de l’opinion et à créer un climat plus favorable aux consultations annoncées.

À défaut, l’opposition pourrait considérer que l’absence d’actes concrets renforce sa lecture selon laquelle le dialogue annoncé ne serait qu’une déclaration d’intention, sans volonté politique suffisante pour engager un véritable processus inclusif.

À J-7 de la manifestation, une question demeure donc centrale : dans quelles conditions le dialogue annoncé pourra-t-il effectivement se tenir ?

Les sept prochains jours pourraient ainsi être décisifs. Des décisions du chef de l’État sont encore susceptibles de contribuer à apaiser les tensions. Dans le cas contraire, le pays pourrait renouer avec une confrontation politique accrue, au risque de compromettre les chances de voir le dialogue annoncé déboucher sur les résultats escomptés.

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