Par Emmanuel Medina
Les combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) ont attaqué, mardi 3 novembre 2026 au matin, le village de Maikengu, un centre commercial situé dans le secteur de Bapere, en territoire de Lubero, au Nord-Kivu. L’incursion a fait plusieurs morts parmi les civils, dont le nombre reste à déterminer, et s’est accompagnée de l’incendie de plusieurs maisons ainsi que du pillage de biens.
L’attaque a débuté vers 7h30, alors que les habitants étaient encore à leur domicile. Samuel Kaeni, président de la société civile du secteur de Bapere, a confirmé les faits et livré un premier bilan.
« L’ennemi est entré vers 7 heures 30 et a tué plusieurs civils, en plus d’incendier des maisons sur place », a-t-il déclaré.
Cette nouvelle attaque intervient alors que Maikengu accueillait récemment plusieurs vagues de déplacés de guerre. Ces familles avaient rejoint le village dans l’espoir de reprendre leurs activités quotidiennes et agricoles après avoir fui l’insécurité dans d’autres localités de la région.
Face à cette nouvelle incursion, la société civile appelle les autorités militaires et administratives à prendre des mesures urgentes pour protéger les populations. Samuel Kaeni redoute une progression des combattants vers le sud du territoire de Lubero si aucune riposte efficace n’est engagée.
Cette attaque intervient dans un contexte de recrudescence des activités des ADF dans le secteur de Bapere depuis la fin du mois d’octobre 2026. Repoussés de la zone six mois plus tôt, les combattants s’étaient repliés dans les forêts de la province voisine de l’Ituri avant de multiplier les incursions dans le Nord-Kivu.
Après une première tentative repoussée le 27 octobre à Makumo, les ADF ont repris le contrôle de cette localité le lendemain soir, malgré la présence des groupes d’autodéfense locaux, communément appelés Wazalendo.
L’axe reliant l’Ituri au Nord-Kivu reste ainsi marqué par les opérations du groupe armé. Le 2 novembre, vingt-neuf personnes retenues en captivité par les ADF ont été libérées à Mambasa, après avoir passé entre deux et trois mois dans la forêt de Malembi.
Le territoire de Lubero continue de subir les conséquences de cette insécurité. En septembre dernier, l’axe routier Njiapanda-Manguredjipa avait connu une journée ville morte en hommage aux plus de 80 civils tués à Ntoyo un an auparavant.
À Beni, dans le même contexte de violences attribuées aux ADF, la population continue également de réclamer justice, douze ans après le massacre de Ngadi, considéré comme l’une des premières grandes attaques meurtrières du groupe dans la région.
Pour l’heure, le bilan de l’attaque de Maikengu reste provisoire. Le nombre exact de victimes et de maisons incendiées n’est pas encore connu. Aucune communication officielle des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ni de l’administration territoriale n’avait été enregistrée au moment de la rédaction de cet article.













