Mambasa : les éco-gardes de la Réserve de faune à Okapi accusés de violences et tortures contre la population à Badengaido

Mambasa : les éco-gardes de la Réserve de faune à Okapi accusés de violences et tortures contre la population à Badengaido

Les éco-gardes de la Réserve de faune à Okapi (RFO) sont accusés de violences physiques et de tortures contre des civils à Badengaido, dans le territoire de Mambasa, en Ituri. La Société civile Forces vives de Mambasa a lancé l’alerte après le passage à tabac, le 3 novembre dernier, du pasteur de l’église FEPACO Nzambe Malamu, dans le groupement de Babeke d’Isayi.

Par Patient MBY

Selon la Société civile Forces vives, six éco-gardes de la RFO auraient investi plusieurs champs situés aux environs de cette localité. Au cours de cette opération, le pasteur aurait été violemment interpellé, ligoté, puis conduit de Bavanaubo à Molokay, sur une distance estimée à environ 24 kilomètres.

Durant ce trajet, il aurait subi des coups de fouet ainsi que des brûlures, d’après les témoignages recueillis par cette organisation citoyenne. Des violences dont les conséquences sur son état de santé seraient particulièrement préoccupantes.

D’après les informations communiquées par sa famille, la victime présenterait notamment des vomissements de sang, des plaies ouvertes sur plusieurs parties du corps et serait dans l’incapacité de s’asseoir.

Une répétition des accusations de violences

Ces nouveaux incidents mettent en lumière la récurrence des actes de violences et de tortures infligées aux populations locales. En février dernier, un autre habitant avait également été copieusement tabassé par des éco-gardes de la RFO.

Face à cette situation, l’organisation citoyenne réclame des poursuites judiciaires contre les présumés auteurs ainsi que des mesures de protection en faveur de la population civile. Son coordonnateur, Mugeni Yuma, rappelle que « la conservation communautaire ne se fait pas en torturant les communautés. La protection de la biodiversité ne saurait justifier des atteintes à la dignité humaine ».

La Société civile Forces vives de Mambasa exige, par ailleurs, l’ouverture d’une enquête indépendante pour établir les circonstances de cet incident et identifier les éventuels responsables, ainsi qu’une prise en charge médicale de la victime.

La société civile interpelle l’administrateur du territoire, le conservateur en chef de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), le gouverneur de l’Ituri, ainsi que les autorités judiciaires et les institutions de défense des droits humains, afin que des mesures concrètes soient prises pour prévenir la répétition de tels actes.

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