Par Emmanuel Medina
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Mission de l’ONU en RDC ont collaboré dans la nuit du 2 au 3 novembre 2026 pour sauver un officier congolais. Blessé par balle lors d’une attaque à Gina, dans le territoire de Djugu en Ituri, le militaire a été évacué vers Bunia pour y recevoir des soins urgents.
L’annonce a été faite ce jeudi 5 novembre 2026 par la MONUSCO. Selon la Mission onusienne, cette opération de sauvetage nocturne a nécessité une coordination étroite entre ses contingents. Ce sont les Casques bleus bangladais qui ont mené l’évacuation, appuyés sur le terrain par les Casques bleus népalais, une équipe médicale et une ambulance.
Si la MONUSCO présente cette intervention comme la continuité de son appui médical d’urgence aux forces de défense congolaises, plusieurs zones d’ombre subsistent. La Mission n’a en effet communiqué ni le nom, ni le grade, ni l’état de santé actuel de l’officier, et n’a pas précisé si d’autres militaires ou des civils avaient été touchés lors de l’incident.
La Mission onusienne attribue directement cette agression à des éléments de la Coalition pour la révolution populaire (CRP). Cette attaque vient porter une nouvelle violation à l’accord de cessation des hostilités signé par ce groupe armé en mai dernier.
Ce n’est pas le premier incident à ce compromis : le 22 septembre dernier, des tirs attribués à la CRP avaient dvants té signalés devant une école à Drodro. Face à cette recrudescence des tensions, la classe politique locale tente de faire pression. Début octobre, le caucus des parlementaires de l’Ituri à Kinshasa et l’Assemblée provinciale à Bunia ont exigé l’arrêt immédiat des affrontements entre la CODECO et la CRP, réclamant de toute urgence un dispositif renforcé de protection pour les populations civiles.
Le territoire de Djugu demeure l’un des points les plus chauds de la province de l’Ituri. Les bases de la MONUSCO y sont devenues de véritables boucliers pour les populations terrorisées par l’activisme des milices. Fin septembre, plus de 3 100 civils s’y étaient mis à l’abri à la suite de combats, suivis par 6 000 autres déplacés le 13 octobre, fuyant des menaces directes de la CODECO.
Dans cette tempête, les Casques bleus bangladais engagés dans l’évacuation de l’officier continuent de jouer un rôle de premier plan. Décorés par les Nations unies en juillet 2026 pour leur contribution à la protection des civils, ils s’étaient également illustrés en octobre dernier en sécurisant la réouverture de la Route Nationale 27 (RN27) sous escorte conjointe avec les FARDC, après l’assassinat de trois chauffeurs.
Cette nouvelle flambée de violence intervient alors que l’Ituri et le Nord-Kivu voisins demeurent sous le régime d’état de siège, dont la énième prorogation de quinze jours a été actée en août 2026.
Il sied de noter que, l’attaque de Gina résonne également comme un avertissement à l’approche d’une échéance diplomatique majeure : le mandat de la MONUSCO expire le 20 décembre prochain. À New York, le gouvernement congolais s’active pour négocier le nouveau texte législatif auprès du Conseil de sécurité de l’ONU, avec une exigence claire : faire de la protection absolue des civils la priorité absolue de la Mission pour les mois à venir.













