Par pierre Kabakila
Six mois après la signature de l’Accord de paix de Washington entre la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Rwanda, le processus de mise en œuvre demeure fragile, inégal et marqué par une inquiétante stagnation.
C’est ce que révèle le rapport d’évaluation de décembre 2025 consacré au suivi de cet accord signé le 27 juin 2025.
Selon ce document, les progrès enregistrés restent limités, avec un score d’exécution en décembre identique à celui du mois de novembre 2025, traduisant un essoufflement manifeste de la dynamique initiale. Sur les 30 tâches identifiées dans l’Accord, seules 19 ont connu un début de mise en œuvre, correspondant à un taux global d’exécution de 23,3 %, soit 70 points sur 300. En ne tenant compte que des tâches partiellement exécutées, le taux de réalisation atteint 36,8 %.
Des performances mitigées pour la RDC et le Rwanda
Du côté de la RDC, sur les 26 tâches relevant de sa responsabilité, seules 16 ont connu une exécution partielle. Le taux global d’exécution s’établit ainsi à 22,1 %, soit 57,5 points sur 260.
En considérant uniquement les tâches partiellement exécutées, le taux de réalisation atteint 35,9 %. Le Rwanda affiche des résultats similaires. Sur les 22 tâches qui lui sont attribuées dans l’Accord, 13 seulement ont connu une exécution partielle, pour un taux global d’exécution de 22,7 %, soit 50 points sur 220.
Le taux de réalisation, limité aux tâches partiellement exécutées, s’élève à 38,4 %.
La Communauté internationale, quant à elle, présente un tableau relativement plus encourageant. Les sept tâches qui lui sont confiées ont toutes connu une exécution partielle, avec un taux global d’exécution de 39,2 %, correspondant à 27,5 points sur 70.
Quelques avancées essentiellement normatives
Les rares éléments positifs enregistrés entre le 1er et le 31 décembre 2025 relèvent principalement du cadre normatif. Parmi ceux-ci figurent l’entérinement officiel, le 4 décembre 2025, de la signature de l’Accord de paix par les Présidents congolais et rwandais, ainsi que la signature, le même jour, de plusieurs accords bilatéraux à caractère économique et sécuritaire, notamment le Cadre d’Intégration Économique Régionale (REIF) entre la RDC et le Rwanda.
À cela s’ajoute l’adoption, le 19 décembre 2025, par le Conseil de sécurité des Nations Unies, de la Résolution 2808 (2025), prorogeant le mandat de la MONUSCO. Cette résolution renforce certaines prérogatives de la mission onusienne en matière de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, tout en exhortant la RDC et le Rwanda à respecter de bonne foi les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington.
Des défis sécuritaires persistants
Malgré ces avancées, le rapport souligne des défis majeurs, notamment l’intensification des hostilités dans l’Est de la RDC et le non-accomplissement de plusieurs obligations sécuritaires prioritaires prévues par l’Accord, en particulier celles liées à la neutralisation des groupes armés.
Dans ce contexte, le document met en garde contre le risque d’un enlisement durable du processus de paix, appelant les parties prenantes à redynamiser sans délai la mise en œuvre effective de leurs engagements afin de préserver les espoirs de stabilité et de paix durable dans la région des Grands Lacs.











