Attaque contre l’aéroport de Kisangani : l’UA condamne un acte jugé « terroriste»

Par Patient MBY

L’Union africaine a condamné les frappes aériennes perpétrées contre l’aéroport international de Bangboka, à Kisangani, dans la province de la Tshopo, intervenues dans la nuit du samedi 31 au dimanche 1er février, et revendiquées par les rebelles de l’AFC-M23, qui ont prétexté cibler un centre de commandement des drones militaires des FARDC.

Dans un communiqué publié ce vendredi 06 février, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a souligné que ces attaques menées par drones contre cet aéroport, situé en pleine ville de Kisangani, densément peuplée, mettent en danger les populations civiles et constituent une violation grave du droit international humanitaire, « notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution ».

L’UA indique qu’« en l’absence de preuves établissant de manière objective le caractère strictement militaire de la cible, une telle infrastructure conserve sa présomption de bien civil et bénéficie, à ce titre, d’une protection pleine et entière en vertu du droit international ». Se référant aux instruments juridiques régionaux, notamment la Convention de l’OUA de 1999 sur la prévention et la lutte contre le terrorisme et son protocole de 2004, l’organisation soutient que les frappes aériennes de la rébellion mériteraient la qualification « d’acte terroriste ».

Mahmoud Ali Youssouf rappelle que « les groupes armés non étatiques ne sauraient invoquer aucune justification politique, sécuritaire ou militaire pour légitimer des actes visant ou mettant en danger des civils ou des infrastructures à usage civil. De tels actes sont également de nature à engager la responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs et commanditaires, conformément au droit international applicable ».

Le président de la Commission de l’UA met en garde contre « l’élargissement du théâtre des hostilités à des villes éloignées des lignes de front », ce qui exacerbe l’escalade, tout en entravant la stabilité nationale et régionale. Il appelle l’AFC-M23 à la cessation des hostilités et à renoncer à l’usage de moyens et méthodes de guerre « indiscriminés », et les parties en conflit à mettre en œuvre l’accord-cadre de Doha, en faveur d’un cessez-le-feu effectif, d’une désescalade durable et d’un retour au dialogue politique.

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