Un vent de tempête souffle sur la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Depuis le début du mois de mars 2026, son Directeur général, Charles Mudiay Kazadi Manjivita, se retrouve au centre d’une enquête judiciaire portant sur de présumés détournements de fonds publics.
Par Medina
Selon des sources judiciaires concordantes, la justice congolaise a sommé le dirigeant de la CNSS de fournir des éclaircissements sur plusieurs mouvements de fonds jugés suspects. Les enquêteurs s’intéressent notamment à un compte ouvert dans une banque commerciale à Kinshasa, sur lequel un solde minimum obligatoire de 12 millions de dollars américains aurait été maintenu depuis décembre 2024 dans des conditions jugées irrégulières.
Dans ce cadre, le Directeur général est appelé à justifier l’historique complet des transferts effectués vers ce compte, les bases légales ayant instauré d’éventuelles restrictions sur l’utilisation de ces fonds, ainsi que l’identité des personnes habilitées à signer sur ces comptes qualifiés de « parallèles ».
L’affaire prend également une dimension sociale sensible en raison d’allégations liées aux fonds destinés aux retraités de la Minière de Bakwanga (MIBA). Certains rapports évoquent un possible détournement de ressources qui auraient dû servir à améliorer les conditions de vie de ces anciens travailleurs.
Par ailleurs, la gestion de l’acquisition d’aéronefs pour le compte de Congo Airways, saluée fin 2025 comme une avancée importante pour la relance de la compagnie nationale, fait désormais l’objet d’un examen approfondi. Les enquêteurs cherchent notamment à établir si des surfacturations ou des commissions irrégulières ont pu intervenir lors de l’achat des appareils Embraer E‑190.
Face à la gravité des faits présumés — dont certaines sources estiment le préjudice potentiel à plusieurs dizaines de millions de dollars cumulés au cours des trois dernières années — des mesures restrictives auraient été prises à l’encontre du Directeur général. Celui-ci ferait notamment l’objet d’une surveillance judiciaire et de limitations concernant ses déplacements internationaux via l’aéroport international de Aéroport international de N’Djili, afin de garantir sa disponibilité dans le cadre de l’instruction.
Alors que Charles Mudiay Kazadi Manjivita affichait jusque-là une volonté de moderniser la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, cette affaire risque de ternir l’image de l’institution. La justice congolaise dispose désormais de délais stricts pour faire la lumière sur ces accusations et établir les responsabilités dans ce qui pourrait devenir l’un des principaux scandales financiers de l’année 2026 en République démocratique du Congo.













