Conseil Économique et Social : ouverture de la session d’avril ce mercredi

À quelques jours de l’ouverture de sa session ordinaire, le Conseil Économique et Social (CES) s’apprête à faire sa rentrée dans un contexte de crise sécuritaire persistante à l’Est et crise sur le plan socio-économique, l’organe consultatif est attendu comme une véritable boussole pour orienter l’action publique.

Par Siméon Isako

Dans un communiqué officiel daté du 20 mars, René Ngongo Mateso , Rapporteur de cet organe consultatif, a confirmé la tenue de la cérémonie d’ouverture ce mercredi 1er avril 2026 à 10 heures, au siège de l’institution, dans la commune de la Gombe à Kinshasa. Si cette session relève d’une exigence constitutionnelle, elle intervient cette année dans un climat socio-économique particulièrement dense.


Cette rentrée s’inscrit dans la vision 2026 du président Félix Tshisekedi, placée sous le signe de la « consolidation de l’action publique ». Dans ce cadre, le CES est appelé à transformer les orientations politiques en résultats tangibles, notamment en matière de développement humain, alors que la RDC reste classée 180e sur 193 à l’indice de développement humain (IDH).

Selon plusieurs analystes, cette session pourrait être marquée par l’examen de dossiers stratégiques majeurs. En première ligne, la pression budgétaire liée aux engagements avec le Fonds monétaire international. Les dernières données indiquent que la masse salariale de l’État atteint désormais 39,19 % des recettes internes, dépassant les seuils convenus. Le CES pourrait ainsi être sollicité pour proposer des mécanismes d’optimisation des dépenses publiques, sans compromettre les investissements sociaux.


Autre priorité : l’urgence sécuritaire et humanitaire. Alors que le Parlement a ouvert sa session de mars sur fond de conflits persistants en Ituri et au Nord-Kivu, le Conseil devra évaluer l’impact économique de ces crises, notamment sur le climat des affaires et la sécurité alimentaire.


Enfin, les réformes structurelles engagées par le gouvernement figurent également à l’agenda. Un ultimatum de 30 jours a été lancé pour améliorer la gestion des fonds publics. Dans ce contexte, l’expertise du CES sera déterminante pour accompagner ces transformations et promouvoir une gouvernance plus rigoureuse.


La présence exigée de tous les Conseillers de la République souligne l’importance de cette session. En tant qu’interface entre la société civile, les opérateurs économiques et les décideurs politiques, le CES est appelé à bâtir des consensus sur des enjeux sensibles, notamment la lutte contre le sous-emploi, qui touche encore près de 73 % de la population active.


Plus qu’une simple rentrée institutionnelle, cette session d’avril s’annonce comme un test grandeur nature pour la capacité du Conseil à influencer concrètement les politiques publiques dans un contexte national sous pression.

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