Crise en Ukraine : Trump réclame un autre président, quelle leçon la RDC doit-elle tirer ?

Crise en Ukraine : Trump réclame un autre président, quelle leçon la RDC doit-elle tirer ?

Incapable de mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, le président américain Donald Trump estime qu’il est temps pour les Ukrainiens de se choisir un nouveau président. Il reproche à Volodymyr Zelensky de n’avoir pas fait assez pour mettre fin au conflit. Une position qui surprend d’autant plus que les États-Unis et l’Ukraine ont signé des accords économiques, dans un contexte où Kiev compte toujours sur le soutien américain. Pour la RDC, qui a également conclu des accords avec Washington, cette attitude mérite une attention particulière.

Par Charles Muhindo

À Kinshasa, les autorités espèrent que les engagements pris avec l’administration Trump contribueront à mettre fin à la guerre dans l’Est du pays, notamment aux combats menés par les rebelles de l’AFC/M23. Pourtant, plus d’un an après la signature de l’accord de Washington, le 27 juin 2025, les armes continuent de parler dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les populations restent déplacées, des localités échappent toujours au contrôle du gouvernement et la paix promise tarde à se concrétiser. Les accords existent, mais la paix reste un leurre.

La situation ukrainienne rappelle que la signature d’un accord avec Washington ne garantit ni le retour de la paix ni un soutien américain inconditionnel. Les États-Unis défendent leurs intérêts, indépendamment du dirigeant au pouvoir. Même lorsqu’un pays entretient de bonnes relations avec le président américain, rien ne garantit que celui-ci conservera la même attitude à son égard. La RDC doit donc éviter de considérer le soutien de Donald Trump comme une assurance que la guerre prendra fin grâce aux États-Unis, dans les délais espérés.

Par ailleurs, les accords sont souvent conclus entre des États et ne visent pas nécessairement à garantir la survie politique d’un président ou d’un régime. Si Donald Trump réclame aujourd’hui un changement à la tête de l’Ukraine, cela ne signifie pas automatiquement que les accords entre Washington et Kiev prendront fin avec Volodymyr Zelensky. De la même manière, les engagements conclus entre les États-Unis et la RDC ne dépendent pas uniquement des relations entre Donald Trump et Félix Tshisekedi. Les intérêts communs à deux pays peuvent survivre à plusieurs changements de dirigeants, mais ils peuvent aussi évoluer en fonction des circonstances.

Pour Kinshasa, l’essentiel est donc de ne pas miser exclusivement sur Washington pour ramener la paix dans l’Est. Les autorités congolaises doivent évaluer les résultats des accords signés, défendre les intérêts du pays et poursuivre leurs efforts diplomatiques, y compris auprès d’autres partenaires. Car si les États-Unis décidaient demain de prendre leurs distances avec Kinshasa, la RDC devrait continuer à chercher des solutions à un conflit qui affecte sa population depuis des années.

La situation ukrainienne rappelle qu’un partenaire puissant peut apporter son soutien sans pour autant parvenir à imposer la paix. La RDC doit en tirer les leçons avant de se retrouver, elle aussi, confrontée à des promesses dont les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes.

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