Démolition des maisons à Kolwezi : la société civile dénonce l’absence de politique d’indemnisation des victimes

Une série de démolitions de maisons d’habitation est en cours à Kolwezi, dans la province du Lualaba. Depuis le début de la semaine dernière, les services étatiques procèdent à la destruction d’habitations situées dans le quartier résidentiel Golf-plateau/RVA, dans la commune de Dilala, laissant de nombreuses familles à la belle étoile, sans politique d’indemnisation ni de relogement.

Par Patient MBY

Dans une interview accordée à REPORTER.CD ce dimanche 22 mars, le président de la société civile du Lualaba, Chadrack Mukad, a vivement critiqué cette opération menée « dans un temps record », sans une période suffisante de mise en demeure permettant aux occupants de se reloger.

« À ce jour, le pire a été consommé. Le gouvernement provincial n’a pas accordé un délai raisonnable à cette population pour évacuer les lieux. Un ultimatum de trois jours, tel qu’annoncé dans le communiqué du ministère provincial de l’Intérieur, est inapproprié », a-t-il déclaré.

La société civile dénonce également l’absence de toute politique d’indemnisation et de relogement des victimes, laissant plusieurs ménages sans abri. Pour Chadrack Mukad, « détruire la maison de quelqu’un qui a souffert pour acquérir un logement sans indemnisation est injuste ».

Il appelle ainsi le gouvernement provincial à mettre en place un mécanisme d’assistance humanitaire en faveur des sinistrés, notamment par la mise à disposition de logements temporaires, afin de les protéger des intempéries en cette période de fortes pluies.

Appel à la justice et à des sanctions ciblées

Ces opérations de destruction ont suscité colère, détresse et indignation au sein des populations affectées, dont certaines affirment détenir des documents cadastraux les autorisant à occuper ces parcelles.

Face à cette situation, la société civile exhorte les autorités à ouvrir des enquêtes et à engager des poursuites judiciaires contre les services techniques du cadastre et des titres immobiliers, accusés d’avoir cédé des concessions situées sur un espace appartenant à la Régie des voies aériennes (RVA).

« Ces agents méritent de sanctions exemplaires. Dans le cas contraire, la population aura été victime d’une démolition injuste », a insisté le président de cette organisation citoyenne.

Il invite, par ailleurs, les habitants concernés à recourir aux voies légales pour faire valoir leurs droits.

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