Par Patient MBY
En République démocratique du Congo, le dialogue reste une question épineuse au sein de la classe politique et de la société civile, face à la situation sécuritaire persistante dans une partie du pays. Si les opposants exigent la tenue d’un dialogue comme une condition sine qua none pour résoudre la crise, le gouvernement congolais pose des conditions préalables à cette initiative.
Dans un communiqué publié ce lundi 02 janvier, le parti Ensemble pour la République de l’opposant Moïse Katumbi rejette ce qu’il qualifie de « simulacre de dialogue » proposé par le président Tshisekedi, visant à consolider la cohésion nationale, et exige plusieurs mesures de confiance avant la participation à toute initiative de dialogue.
« Ensemble pour la République exige la levée de toutes les condamnations à caractère politique, la libération immédiate des prisonniers politiques et d’opinion, la fin des poursuites judiciaires instrumentalisées à des fins politiques, la levée des restrictions arbitraires à la délivrance des passeports, la liberté de circulation des opposants, ainsi que la cessation de toute répression visant à intimider ou exclure les voix dissidentes », a déclaré le directoire national d’Ensemble pour la République, qui précise que ces conditions « ne sont ni des concessions ni des faiblesses », mais constituent « le socle minimal de confiance ».
Et de poursuivre : « on ne dialogue pas pour se conforter entre convaincus, mais pour affronter avec lucidité et courage les causes profondes de la crise politique, sécuritaire, sociale et morale qui gangrènent le pays et y apporter des solutions durables, partagées et crédibles ».
Lors de la cérémonie d’échanges de vœux avec le corps diplomatique accrédité en RDC, samedi 31 janvier, Félix Tshisekedi a exprimé sa volonté de dialoguer pour préserver l’unité nationale, mais a raffermi sa position sur la participation inclusive des parties prenantes à la crise, soutenant ne pas négocier « avec ceux qui ont commis des crimes contre la population ». Une condition qui ferme la porte à la participation de la rébellion de l’AFC-M23, auteurs présumés d’actes de violence contre les populations civiles dans les zones sous leur contrôle.













