Est de la RDC : tueries, incendies et attaques contre les structures de santé : les exactions des ADF s’intensifient

Alors que tous les efforts sont convergés vers l’agression rwandaise par ses supplétifs de l’AFC-M23, les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliés à l’État islamique, continuent leurs exactions dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Des massacres, des prises d’otages, des incendies et des attaques contre des structures sanitaires ont été rapportés au mois de janvier.

Par Patient MBY

Selon un rapport de l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, rendu public ce jeudi 18 février, au moins 73 personnes, dont 16 militaires des FARDC, ont été tuées. Par ailleurs, 36 personnes ont été prises en otage par les ADF dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri au mois de janvier dernier.

Ebuteli peint un tableau sombre des incursions des ADF dans les territoires de Lubero, Irumu et Mambasa, devenus l’épicentre des violences. Le 7 janvier, au moins 14 soldats congolais ont été abattus dans une embuscade tendue à Banzu-Banzu. En parallèle, 16 civils et deux militaires des FARDC ont été tués dans les villages de Kilonge, Maendeleo, Katanga et Brazza, dans le secteur de Bapere, à l’ouest de Manguredjipa, à Lubero. Avant leur départ, les assaillants ont incendié plusieurs maisons d’habitation, enlevant ainsi cinq personnes.

Ces massacres, poursuit Ebuteli, ont été suivis de ceux perpétrés au village Mavwe-Mavwe le 19 janvier, où sept personnes ont perdu la vie, une autre a été blessée et une douzaine de maisons ont été calcinées. Deux jours après, des affrontements sanglants ont éclaté à Mako, Mambau et Lukono. Le bilan fait état de 12 civils tués, dont une femme, et de cinq structures de santé vandalisées.

Les attaques meurtrières se sont élargies jusqu’à Mambasa et Irumu, deux territoires de l’Ituri. Le 25 janvier, les ADF ont tué au moins 22 personnes au village d’Apakolo. D’après cet institut, les corps des victimes ont été piégés avec des engins explosifs, rendant leur enterrement difficile.

Raisons de l’escalade et conversion à l’islam

À en croire ce rapport, l’escalade des violences par les ADF serait due à la baisse de la traque exercée par l’opération Shujaa menée par les forces coalisées FARDC-UPDF. Dans les territoires assiégés, les rebelles djihadistes organisent des campagnes de prédication appelant les populations locales à se convertir à l’islam. Selon Ebuteli, ce phénomène émerge depuis décembre 2025. En parallèle, ils imposent des taxes sur les activités agricoles.

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