Ce mercredi 1er avril 2026, comme chaque année d’ailleurs, la journée du poisson d’avril est souvent marquée par une forte circulation de fausses informations. Sur les réseaux sociaux, dans les groupes WhatsApp et même dans certains médias, les fakenews se propagent comme une traînée de poudre. Même si, à la base, beaucoup les partagent pour s’amuser, nombreux autres finissent par y croire, suscitant ainsi de la confusion, de la peur ou du stress ou même de la joie, selon le contenu de la fakenews relayée, surtout chez ceux qui ne sont pas encore informés de cette journée.
Par Gédéon ATIBU
En RDC, comme par le passé, plusieurs messages fomentée pour la circonstance circulent en marge de ce 1 avril 2026. Parmi quelques-uns recensés par Reporter.cd, certains ont affirmé que la RDC, pourtant qualifiée pour la Coupe du monde 2026 quelques heures plus tôt, aurait été disqualifiée au profit de la Jamaïque à cause d’un joueur irrégulier. D’autres ont parlé d’un communiqué du ministre de l’Emploi annonçant une journée chômée et payée, présenté ensuite comme un simple poisson d’avril alors qu’au final, l’annonce était vérifiée. Plus grave encore, des rumeurs ont annoncé la mort de deux grandes figures politiques du pays dont nous taisons le nom pour des raisons déontologiques et professionnelles. Même si ces messages sont parfois lancés pour plaisanter, ils peuvent facilement désorienter l’opinion, surtout lorsqu’ils sont relayés en masse ou repris par certains médias même connus pour leur sérieux.
Mais, comment en est-on arrivé là ?
Selon des informations rassemblées par Reporter cd, la tradition du poisson d’avril remonte à plusieurs siècles et trouve son explication la plus connue dans la Réforme du calendrier grégorien de 1582. Avant cette réforme, dans plusieurs régions d’Europe, notamment en France, le Nouvel An était célébré autour du 1er avril. Lorsque le roi Charles IX a décidé d’appliquer le calendrier instauré par le pape Grégoire XIII, le début de l’année a été déplacé au 1er janvier. Mais à cette époque, l’information circulait lentement et tout le monde n’a pas adopté ce changement de Nouvel An immédiatement. Certaines personnes ont continué à fêter le Nouvel An en avril, soit par habitude, soit par ignorance.
Ces personnes ont alors été tournées en ridicule. On leur faisait des blagues, on leur offrait de faux cadeaux ou on les invitait à des événements inexistants. C’est ainsi que le 1er avril est progressivement devenu une journée consacrée aux plaisanteries.
Toujours selon la même source, le mot “poisson” serait venu de plusieurs explications : d’une part, le mois d’avril correspondait, en Europe, à une période où la pêche était/est souvent limitée, ce qui a donné l’idée d’offrir de faux poissons ; d’autre part, le poisson est considéré comme un animal facile à attraper, symbole de naïveté. Une tradition est ensuite née en France, consistant à coller un poisson en papier dans le dos des gens sans qu’ils s’en rendent compte.
Avec le temps, cette pratique s’est répandue dans le monde entier. Dans les pays francophones, on parle de “poisson d’avril”, tandis que dans les pays anglophones, on utilise l’expression “April Fool’s Day”. Aujourd’hui, même de grandes entreprises et certains médias ne se privent pas de célébrer cette journée en diffusant de fausses informations pour amuser les lecteurs ou auditeurs. Mais avec l’évolution des réseaux sociaux, le risque est devenu trop grand : une simple blague peut rapidement devenir une fausse information prise au sérieux par un grand nombre de personnes avec des répercussions que cela peut avoir.
Par exemple, dans un contexte comme celui de la RDC, où l’actualité est souvent sensible, ces fakenews peuvent avoir des effets réels sur les citoyens. Elles peuvent paniquer, attrister les gens, etc., surtout lorsqu’elles touchent à des sujets importants comme la politique, la sécurité ou le sport. Ainsi, même si le poisson d’avril reste une tradition ancienne et populaire, il demande aujourd’hui plus de prudence. Avant de partager une information aujourd’hui, il est important de vérifier si elle est vraie, afin d’éviter que la blague ne devienne un problème pour la communauté, plutôt d’être une simple blague pour amuser.













