À Goma, le ciel ne gronde plus seulement de la colère du volcan, il s’est mué en un théâtre d’ombres où la technologie des drones sert désormais de voile à des tragédies bien plus opaques. Le 11 mars 2026 restera comme une balafre de plus sur le visage de la capitale du Nord-Kivu. Mais derrière le fracas des explosions au quartier Himbi, une question glaciale s’impose : qui a-t-on réellement voulu abattre ?
Par medina
La version officielle, trop prompte à circuler, nous dépeint un duel de titans : d’un côté les drones des FARDC, de l’autre la présence fantomatique de Joseph Kabila et de l’état-major de l’AFC/M23. Un scénario de guerre classique, presque pratique. Pourtant, dans les décombres de la résidence voisine, c’est le corps de Karine Buisset, humanitaire française de l’UNICEF, que l’on retire. Et avec elle, c’est peut-être un pan entier de la vérité qui s’évapore.
Il faut oser regarder là où le récit officiel s’arrête. Karine Buisset n’était pas une simple passante. Elle documentait l’innommable : le martyre des enfants dans les zones sous contrôle de la coalition RDF-M23. Écoles réduites en cendres, enrôlements forcés, violences systémiques ses dossiers étaient des bombes à retardement pour ceux qui se plaisent à régner dans l’ombre des collines.
Coïncidence tragique ou élimination chirurgicale ?
Dans ce conflit où l’information est une arme de destruction massive, la mort d’un témoin gênant est rarement un hasard de calendrier. Faire porter le chapeau à une erreur de frappe militaire est une stratégie vieille comme le monde. C’est le double crime parfait : on efface les preuves, et on accuse l’adversaire du « dommage collatéral ».
Si les enquêtes de Karine Buisset pointaient du doigt l’implication directe d’acteurs régionaux dans les exactions contre les mineurs, alors sa disparition profite à tous ceux qui préfèrent le silence des cimetières aux rapports de l’ONU.
Aujourd’hui, la communauté internationale ne peut se contenter de condoléances d’usage. Si une humanitaire est devenue une cible parce qu’elle osait compter les cicatrices des enfants congolais, alors c’est l’idée même de justice qui a été bombardée à Goma.
La vérité ne doit pas mourir sous les gravats de Himbi. Car lorsque les drones se taisent et que la poussière retombe, le silence qui s’installe ne ressemble pas à la paix. Il ressemble à une complicité.













