Guerre à l’Est : 319 personnes tuées par le M23 aux côtés de 7 000 soldats rwandais présents au Nord et au Sud-Kivu ( ONU)

Par Patient MBY

Un rapport récent des experts des Nations unies met en lumière le soutien militaire et matériel du Rwanda aux rebelles de l’AFC-M23 dans les conflits armés qui sévissent au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, deux provinces où de grands pans de terres sont occupés par la rébellion depuis plus de dix mois.

Selon ce rapport, des enquêtes menées entre avril et octobre 2025 démontrent que Kigali a déployé un dispositif militaire de 6 000 à 7 000 soldats rwandais composés des Forces de défense du Rwanda (RDF), des forces spéciales et des réservistes.

« Au moment de la rédaction, on estimait prudemment qu’au moins 6 000 à 7 000 membres des Forces de défense du Rwanda (FDR), constituant au minimum deux brigades et deux bataillons de forces spéciales, restaient déployés au Nord et au Sud-Kivu. Il s’agissait de formations organisées par tâches et adaptées à la mission. Créée spécifiquement pour l’opération transfrontalière en RDC, elle comprenait des forces spéciales, des éléments et un nombre important de réservistes », a-t-on lu.

Le groupe d’experts de l’ONU indique qu’une brigade a été déployée sur les lignes de front de la « première zone de défense » qui englobe la ville de Goma ainsi que les territoires de Nyiragongo, Binza, Bwito, Rutshuru, Kanyabayonga, Kirumba et Kipese, dans la province du Nord-Kivu, tandis que la deuxième brigade se trouve à Masisi, Walikale, Bibwe, Kalembe, Pinga et à Walungu, Mwenga et Minembwe, au Sud-Kivu.

« Les RDF avaient établi une base sur l’île d’Idjwi, souvent utilisée pour les déploiements et rotations de troupes via le lac Kivu. Le soutien des RDF a été crucial pour le succès des opérations, notamment pour la prise de nouvelles zones comme Bibwe », indique le groupe d’experts de l’ONU.

Le régime de Kigali a renforcé les rebelles de l’AFC-M23 en équipements sophistiqués et technologies de guerre, notamment des brouillages et usurpations d’identité. Le Groupe a continué de documenter l’utilisation par les RDF de technologies et d’équipements militaires de pointe, notamment des systèmes de brouillage et d’usurpation d’identité. « Le Groupe a également procédé à une évaluation technique d’une radio tactique saisie sur un soldat des RDF à Masisi en mars 2025, portant l’inscription “RT-7106 TADIRAN COMMUNICATIONS” », notent les experts de l’ONU.

Pendant cette période, les RDF ont parallèlement mené des opérations de traque contre les FDLR, considérés comme une menace sécuritaire pour le Rwanda. Un ciblage systématique a conduit à la destruction de leurs habitations. Le rapport accuse l’AFC-M23 d’avoir assassiné 319 civils, notamment par des exécutions sommaires, ainsi que par des arrestations et détentions arbitraires à la base des déplacements massifs des populations. Ces actes ont été commis en collaboration avec les RDF.

Ce rapport met en lumière le rôle du Rwanda dans la continuité des hostilités dans la partie Est de la République démocratique du Congo alors que des accords de paix et d’intégration économique régionale venaient d’être conclus par le président congolais Félix Tshisekedi et le Rwandais Paul Kagame autour du président américain Donald Trump et en présence de quelques chefs d’État de la région des Grands Lacs. Des accords censés mettre fin à la crise dans cette région. Cependant, les rebelles de l’AFC-M23 progressent sur le terrain et occupent de nouvelles localités congolaises.

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