Des arrestations ont été signalées à Kashobwe et dans d’autres localités du territoire de Kasenga, dans la province du Haut-Katanga. Au cours de la semaine, plusieurs jeunes ont été interpellés par les services de sécurité après avoir suivi un message vidéo de Moïse Katumbi diffusé sur un écran géant, appelant la population de son fief à s’opposer au changement de la Constitution et à participer à la marche de l’opposition, initialement prévue le 22 juillet.
Par Patient MBY
Parmi les personnes appréhendées par les forces de l’ordre figure un adolescent d’environ 17 ans. Selon le récit de sa famille, Costa Kasoya aurait été arrêté pour avoir filmé cette projection. Face à cette situation, l’Institut de recherche en droits humains (IRDH) et Justicia ASBL, deux organisations non gouvernementales de défense des droits humains, ont uni leurs voix pour exiger la libération des personnes interpellées.
Selon ces deux ONG, le jeune Costa Kasoya et trois autres personnes arrêtées dans les mêmes circonstances sont détenus dans les cachots de la 22ᵉ région militaire à Lubumbashi. « Alors, rien ne justifie la présence d’un enfant dans un cachot militaire, d’une part. Et de l’autre part, je voudrais souligner qu’il n’y a pas que Costa dans ce cachot-là. Il est venu avec trois autres personnes arrêtées et détenues dans les mêmes cachots militaires », a déclaré Me Timothée Mbuya, coordonnateur de Justicia ASBL.
Les organisations rejettent la thèse selon laquelle les personnes interpellées détenaient des effets militaires. D’après elles, le seul grief retenu est d’avoir filmé la projection du message de mobilisation de Moïse Katumbi sur le débat politique actuel. Une infraction qui, selon Me Timothée Mbuya, n’est prévue par aucun texte de loi et ne peut donc justifier leur détention.
L’IRDH et Justicia ASBL exigent la libération immédiate des personnes détenues par la 22ᵉ région militaire. À défaut, elles demandent aux autorités militaires de déférer le jeune Costa Kasoya devant son juge naturel, à savoir le tribunal pour enfants. Les responsables de ces deux organisations expriment leur incompréhension sur ces arrestations liées à des activités politiques, alors que le pouvoir et l’opposition, notamment la coalition C-64, ont entamé des consultations en vue d’un dialogue national inclusif.
Sur son compte X, Moïse Katumbi a déploré cette situation. Le président national du parti Ensemble pour la République a dénoncé des arrestations qu’il juge arbitraires visant ses sympathisants et des journalistes. L’ancien gouverneur du Katanga a annoncé saisir le Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur cette situation d’« intolérable ».













