Par Emmanuel Medina
La Haute cour militaire a siégé ce mardi 21 juillet 2026 à Kinshasa pour examiner la demande de mise en liberté introduite par le collectif des avocats du général d’armée Christian Tshiwewe. L’ancien chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) conteste son maintien en détention à la prison militaire de Ndolo.
Devant le premier président de la plus haute juridiction militaire du pays, la défense a exposé son mémoire unique en mettant en avant le profil hautement stratégique de l’officier supérieur. Selon son conseil, la détention en milieu pénitentiaire classique d’une personnalité dotée de telles responsabilités présente des risques majeurs pour la sécurité nationale.
« En tant que détenteur de secrets de la défense, le général Christian Tshiwewe mon client, ne peut pas être détenu à la prison militaire de Ndolo », a martelé Me Parfait Kanyanga, coordonnateur du collectif de la défense du prévenu.
Pour pallier ce risque, les avocats ont formellement sollicité l’octroi d’une liberté provisoire ou, à défaut, d’une liberté contrôlée. La défense a assuré que l’ancien chef d’état-major ne présentait aucun risque de fuite, sa résidence située dans la commune de la Gombe étant parfaitement identifiée et connue des autorités judiciaires.
Outre les arguments liés à la sécurité de l’État, les conseils du général Tshiwewe ont vivement attaqué la régularité de l’instruction. Me Kanyanga a soulevé plusieurs « irrégularités » imputées à l’organe poursuivant avant que la Haute cour militaire ne soit officiellement saisie du dossier. Ces vices de procédure présumés constituent, selon la défense, un motif supplémentaire pour ordonner la libération immédiate de leur client. À l’en croire, le ministère public n’aurait pas pris le temps de vérifier l’existence d’indices sérieux et suffisants de culpabilité avant de transférer le général Christian Tshiwewe à la prison militaire de Ndolo, en violation des règles de procédure.
Il sied de noter que, la haute cour militaire s’est montrée attentive aux arguments soulevés par les deux parties. Elle devra se prononcer dans les prochains jours sur cette demande de liberté provisoire qui tient en haleine les observateurs de la scène politique et militaire congolaise.
D’autres officiers généraux et supérieurs poursuivis dans ce dossier ont également soulevé diverses exceptions de procédure. Ils ont notamment demandé à la Cour d’écarter certains procès-verbaux établis au cours de l’enquête, qu’ils jugent irréguliers. Certains ont également sollicité leur mise en liberté provisoire.Au total, dix officiers généraux et supérieurs comparaissent dans cette affaire pour plusieurs chefs d’accusation, notamment complot, propagation de faux bruits, trahison, violation des consignes, désertion à l’étranger, détention illégale d’armes et de munitions de guerre, ainsi qu’incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline.
Parmi les principaux prévenus figurent les généraux d’armée Christian Tshiwewe, ancien chef d’état-major général des FARDC, et John Numbi, ancien inspecteur général des FARDC. Sont également poursuivis le général-major Maurice Nyembo Kufi, les généraux de brigade Chinyabuuma Kamukinde, John Ngoy wa Kabila et John Sangwa Muhemedi, ainsi que les colonels Guy Mukombozi Zahinda, Pathy Sangwa Lumbu et Christophe Tshibangu Kenge. À ces officiers s’ajoute un prévenu civil, Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC).












