Le Rwanda menace de retirer ses troupes du Cabo Delgado faute de financements

Kigali a laissé entendre qu’il pourrait mettre fin à son déploiement militaire au Mozambique si le soutien financier international, notamment européen, venait à disparaître.

Par Pierre Kabakila

Le gouvernement rwandais a averti qu’il pourrait retirer ses forces militaires déployées dans la province mozambicaine de Cabo Delgado si la mission ne bénéficie plus d’un financement international « suffisant et prévisible ». L’annonce intervient alors que le soutien financier de l’Union européenne à cette opération sécuritaire devrait expirer en mai prochain, sans perspective claire de renouvellement.

Dans un message publié sur le réseau social X, la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a rappelé que le déploiement des troupes de la Rwanda Defence Force (RDF) en 2021 avait été effectué à la demande du Mozambique afin d’endiguer l’insurrection jihadiste qui ravage la région de Cabo Delgado depuis 2017. Selon elle, cette intervention a contribué à stabiliser plusieurs zones auparavant contrôlées par des groupes armés liés à l’extrémisme islamiste.

Cependant, Kigali estime que la pérennité de cette mission dépend d’un appui financier international fiable. Le Rwanda affirme n’avoir reçu qu’environ 20 millions d’euros de soutien de la part de l’Union européenne, une somme jugée largement insuffisante au regard du coût réel de l’opération, que le gouvernement rwandais estime au moins dix fois supérieur. Dans ces conditions, les autorités rwandaises indiquent que le commandement militaire pourrait recommander un retrait si les efforts consentis ne sont pas suffisamment soutenus.

La présence des soldats rwandais a néanmoins permis d’améliorer la sécurité dans certaines zones stratégiques de Cabo Delgado, notamment autour du site gazier d’Afungi où la société française TotalEnergies développe un projet de gaz naturel liquéfié estimé à 20 milliards de dollars. Bien que l’insurrection ait été affaiblie, les attaques sporadiques persistent, maintenant la région dans une situation sécuritaire fragile.

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