L’ONU : Les États-Unis mettent en garde le Rwanda et dénoncent une implication militaire “massive et sophistiquée” dans l’Est de la RDC

Lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies tenue ce vendredi, les États-Unis ont lancé une mise en garde ferme contre le Rwanda, accusé de jouer le rôle de « spoiler de paix » en République démocratique du Congo (RDC). Washington affirme disposer de nouvelles informations mettant en lumière l’ampleur de l’implication militaire rwandaise aux côtés du mouvement rebelle M23.

Selon la représentation américaine, le Rwanda exerce un contrôle stratégique sur le M23 depuis la résurgence du groupe armé en 2021, ainsi que sur son aile politique, l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Kigali aurait déployé ces forces afin de servir ses « ambitions géopolitiques » dans l’est de la RDC.

Une implication directe du Rwanda, selon Washington

Les États-Unis affirment que le Rwanda a joué un rôle actif dans la planification et la conduite de la guerre. Les Forces de défense rwandaises (RDF) auraient apporté au M23 un soutien militaire, logistique et opérationnel, tout en combattant directement sur le sol congolais.

D’après les renseignements américains, entre 5 000 et 7 000 soldats rwandais se trouvaient en RDC au début du mois de décembre, sans compter d’éventuels renforts envoyés durant les dernières escalades. Kigali aurait également installé dans le Nord et le Sud-Kivu plusieurs systèmes de missiles sol-air et d’autres armements lourds destinés à appuyer les offensives du M23.

Le week-end dernier, les forces rwandaises auraient co-dirigé une nouvelle offensive visant à prendre la ville d’Uvira, opérant côte à côte avec les combattants du M23. Washington affirme également disposer de rapports crédibles faisant état de l’usage accru de drones suicides et de tirs d’artillerie, y compris contre le territoire burundais.

Un recul de la dynamique de paix issue des Accords de Washington

Les États-Unis dénoncent un recul « grave » par rapport à l’élan diplomatique enregistré ces dernières semaines dans le cadre des Accords de Washington, facilités sous la médiation du président américain Donald Trump.

« Plutôt qu’une marche vers la paix, le Rwanda entraîne la région vers davantage d’instabilité et de guerre », a déclaré la diplomate américaine. Washington exige que Kigali respecte ses engagements et reconnaisse pleinement le droit souverain de la RDC de défendre son territoire, y compris par l’appel à des forces burundaises en cas d’agression.

MONUSCO paralysée par les actions du M23 et du Rwanda

Les États-Unis ont également dénoncé les entraves imposées à la MONUSCO par le M23 et son parrain rwandais. Washington parle d’une « hypocrisie triste » : un État membre de l’ONU, qui contribue par ailleurs à des missions de maintien de la paix, serait impliqué dans des actions qui assiègent les Casques bleus.

La mission onusienne fait face depuis plusieurs mois à un blocus du M23, bloquant son accès routier autour de Goma. Les États-Unis accusent aussi Kigali d’utiliser des systèmes de brouillage et de falsification GPS ainsi que des missiles sol-air, empêchant les hélicoptères de la MONUSCO de voler.

« Dans de telles conditions, comment la MONUSCO peut-elle réussir ? », s’est interrogée la représentante américaine.

Washington promet des mesures contre les “perturbateurs de la paix”

La diplomatie américaine a prévenu que les États-Unis utiliseront “tous les outils à leur disposition” pour tenir pour responsables ceux qui compromettent la paix, citant explicitement le Rwanda et le M23.

Washington exige la levée immédiate des obstacles imposés à la MONUSCO et réaffirme son appui total au rôle que la mission est appelée à jouer dans la mise en œuvre des Accords de Doha et de Washington, présentés comme porteurs d’une chance historique de mettre fin à des décennies de violences dans l’est du Congo.

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